Col du Festre – Chourum des Aiguilles

Dévoluy (05) – 16 août 2020 * 13 km – Dénivelé positif : 900 m* Météo : 24° – Soleil /

. Randonnées du mois d’août : Nbre : 10 / 102,5 km / Dénivelé positif : 5 170 m
. Total année : Nbre : 39 / 627 km / Dénivelé positif : 20 200 m



  • Objectif le Chourum des Aiguilles

Aujourd’hui, nous allons monter au Chourum des Aiguilles et, si possible, jusqu’à l’entrée du Chourum de Rama. Le réseau souterrain formé par ces deux cavités a une profondeur totale de 980 m.

Espérons que cette fois sera la bonne et que le destin ne va pas s’acharner pour nous empêcher d’y aller…

Pour éviter de rencontrer trop de monde, j’avais mis le réveil à 6 heures, et il a sonné à 6 heures. Rien d’étonnant à cela… Mais à 6 heures du matin, le 16 août sur le Dévoluy, il fait encore nuit noire…

On va donc attendre un peu.

Dès que l’aube apparaît, je me lève. Bella, elle, reste couchée. Il encore trop tôt. Surtout que cette nuit quelque chose l’a intriguée (un loup ?). Elle grognait et ne semblait pas rassurée. En général, elle dormait près de la fenêtre, mais après cela elle m’a poussé pour prendre ma place et je n’ai donc pas eu d’autre choix que de dormir près de la fenêtre…

Après un petit déjeuner léger, nous décollons à 7h30. Pour monter, on va essayer d’éviter le GR afin d’être tranquilles.

  • Détour par le Collet

On rejoint d’abord le sud du col du Festre par la piste, puis on longe la route sur 300m  pour s’engager sur celle vue hier et qui est interdite à la circulation. On monte ensuite le Clos des Prés par une piste qui rattrape le GR94, mais au lieu de le prendre, nous bifurquons vers la gauche pour longer une bergerie  et grimper vers le Collet, à 1942 m d’altitude.

Après la bergerie, ça grimpe fort et j’y vais doucement pour ne pas m’épuiser tout de suite. Bella, elle, cavale sans s’économiser du tout. Elle monte puis redescend me voir, pour remonter à nouveau au gré des odeurs qu’elle attrape.

Content d’arriver au Collet, mais maintenant il faut redescendre à 1780 m pour rejoindre le GR près d’une autre bergerie.

La descente est bien raide et il faut y aller doucement pour éviter de rouler sur les cailloux car nous sommes sur un grand pierrier très pentu. La roche calcaire du Dévoluy est souvent complètement fracassée, contrairement à d’autres massifs, comme le Vercors. Les explorations souterraines sont rendues dangereuses à cause des chutes de pierres et des éboulements…

Une fois en bas, on traverse un petit ruisseau qui serpente au fond de la vallée des Aiguilles, bien large à cet endroit. Bella profite du cours d’eau pour se rafraîchir, en se couchant dedans…

  • Du GR de la vallée des Aiguilles au chourum des Aiguilles

Nous rejoignons le GR, sur lequel avancent plusieurs randonneurs, mais nous le quittons aussitôt pour grimper sur l’autre versant de la vallée des Aiguilles. Nous allons longer un vallon très pentu qui devrait nous amener à l’entrée du chourum des Aiguilles dont l’entrée est positionnée sur la carte près de la cote 2032m.

Elle est vraiment dure cette montée et on avance à vue car il n’y a aucun tracé pour nous guider. Il commence à faire bien chaud malgré le petit vent  qui remonte le vallon… bien plus vite que moi…

On passe près de l’aven indiqué sur la carte, et qui n’est en fait qu’une doline pas très profonde avec un semblant de départ très vite bouché. Etrange d’appeler ça un aven…

Le chourum des Aiguilles ne doit plus être très loin, mais il faut encore monter…

j’aperçois enfin le grand cairn qui balise l’entrée du gouffre. On y arrive enfin. Pas trop tôt…

Bella va directement à l’entrée pour profiter du courant d’air bien froid (4°) qui sort du chourum.

L’altimètre indique 1952m d’altitude et non pas les 2032m indiqués sur la carte. Le positionnement GPS, lui, donne 1986m…

  • Pause déjeuner au frais

Puisque Bella semble apprécier le climat de l’endroit, on va s’arrêter un peu pour casser la croûte, même s’il n’est pas encore midi. On en profite pour admirer le paysage sauvage. Aucun arbre, rien que de la caillasse recouverte par une pelouse d’altitude.

Après le « repas », une petite sieste s’impose. Elle sera courte car le courant d’air froid qui sort de la cavité n’incite pas trop à dormir. Par contre, Bella semble bien apprécier, et elle dort en plein dans le passage de l’air froid.

Bon, on va quand même repartir et essayer de trouver l’entrée du chourum de Rama. Je n’ai pas les coordonnées de l’entrée et elle n’est pas indiquée sur la carte IGN. Je sais seulement qu’elle est au-dessus de celle des Aiguilles, à environ 250m de dénivelé, mais je ne sais pas du tout dans quelle direction. Ça sera vraiment une sacrée chance si je la trouve, surtout qu’elle n’est pas facilement visible, paraît-il…

  • A la recherche du Chourum de Rama

Allez, on monte. Doucement pour moi. À toute vitesse pour Bella qui visite chaque trou de marmotte…

Je suis le même axe que celui du vallon de la Rama, juste à côté. J’ai fait presque 200m de dénivelé et la pente devient très très forte. Il faut être extrêmement vigilant pour ne pas glisser et tomber en arrière. L’altimètre indique que je suis maintenant 250m au-dessus de l’entrée du chourum des Aiguilles mais toujours rien. Je ne suis plus très loin du sommet de la crête de la Rama et il faut avancer quasiment en escalade. Il est préférable d’arrêter là, car je n’ai pas envie que Bella essaye de grimper par ici. Et ce n’est vraiment pas la peine de prendre des risques, car une chute aurait des conséquences très graves… Et puis sans avoir les coordonnées, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

– En rentrant, j’ai réussi à trouver les coordonnées de l’entrée. j’étais à moins de 100m et l’entrée était à environ 50m de dénivelé plus haut, presque au sommet de la crête-

  • Descente par le vallon de la Rama

Maintenant, il va falloir redescendre en essayant de trouver un autre passage que celui pris en montant. Je tire vers la droite pour rejoindre un petit vallon dont le fond est une belle dalle calcaire qui devrait bien se descendre. Bella est encore en haut en train de visiter les terriers…

La descente se fait bien et j’avais prévu de passer à gauche du grand cairn du chourum des Aiguilles pour rejoindre un autre vallon, mais Bella en a décidé autrement. Elle file en direction du cairn et je sais tout de suite où elle va : à l’entrée du gouffre, pour prendre le frais.

En effet, quand j’y arrive, elle est couchée à l’entrée, le museau dans le courant d’air. Repos.

Nous repartons peu après et continuons la descente qui nous fera arriver à la cabane de la Rama.

Nous descendons sans nous presser, même si le ciel se couvre de plus en plus. La météo a d’ailleurs prévu des orages pour ce soir.

Un peu avant d’arriver à la cabane, plusieurs abreuvoirs disposés en escalier ne semblent qu’attendre Bella. D’un bond, elle investit le premier et se couche dedans tout en buvant.

  • Rencontre houleuse

On repart en longeant la cabane de la Rama devant laquelle 2 gros chiens montent visiblement la garde. Comme d’habitude, Bella fonce vers eux directement. Mais les 2 molosses, protégeant leur domaine, ne lui pas le temps d’arriver. Ils foncent sur elle qui n’a pas d’autre choix que de déguerpir sans demander son reste. Vexée mais réaliste.  Pas très accueillants dans le coin…pas la peine d’insister.

Nous sommes presque arrivés au col du Festre, et peu après nous rejoignons le Kyros.

Il n’est pas très tard quand nous rentrons. L’orage se prépare, et il éclatera peu avant 20 heures.

Aujourd’hui nous avons parcouru seulement 13 km mais pour 1000m de dénivelé, et avec des pentes innommables par moments…

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.