Visite du gouffre de la Besace en septembre 2020

Aujourd’hui, la surface de notre planète a été entièrement découverte, explorée, cartographiée, « GPSisée« .

Un monde à part restant à découvrir

Le monde souterrain reste, pour une grande partie à découvrir. On peut, sans voyager vers de lointains continents, devenir explorateur comme les plus grands aventuriers des années 50 du siècle dernier. On peut, comme le disait cet illustre personnage dont j’ai oublié le nom, explorer des espaces vierges ou « jamais la main de l’homme n’a mis le pied! »

La spéléologie, activité exigeante et ingrate qui ne rapporte pas la moindre médaille ni le plus petit titre de champion que ce soit. Même si certaines explorations relèvent de l’exploit sportif d’endurance et d’une volonté hors du commun, il s’agit d’autre chose.

Pour comprendre vraiment cette activité aux multiples facettes, il faut avoir connu l’ambiance d’un camp d’exploration spéléo sur un massif d’altitude, dans les Alpes ou les Pyrénées par exemple :

Définition des objectifs, préparation de l’expédition, constitution des équipes, répartition des tâches. Prospection sur les immenses étendues de calcaire, les vallons encaissés, à l’affût de la moindre fissure d’où sort un courant d’air indiquant la présence d’une cavité importante, et qu’il faudra élargir pendant des heures, souvent pour rien… Portage du matériel d’exploration sur des zones escarpées, perdu dans le brouillard ou au contraire écrasé par un soleil de plomb. Explorations interminables, par des températures de 2 ou 3°, dans des gouffres étroits ou dans des puits énormes de plus de 100m de verticale plein vide, arrosés par l’eau de fonte des névés.

Une activité hors du commun qui nécessite un engagement total

Folie, masochisme? Un peu des deux sûrement. Mais là, les choses « basiques » retrouvent leur valeur oubliée : le lever du soleil au sortir d’un gouffre froid et épuisant dans lequel on a « ramé » toute la nuit pour en sortir. La chaleur des amis avec qui on a partagé cette galère, le café réparateur en arrivant au campement, le soleil qui réchauffera bientôt notre carcasse endolorie et la magnifique découverte que l’on a faite, qui apportera de l’eau au moulin de la connaissance du grand réseau mystérieux qui draine toutes les eaux du massif.

Un jour une personne me demandait ce qu’on pouvait bien aller chercher dans ces trous infâmes. Y avait-il au moins des trésors?

Oh oui Monsieur, c’est tout cela le trésor! Et sa valeur est inestimable.

Site de la Fédération Française de Spléologie

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