Pont de la Serre – Lacs de Lignin
Tourbière

Pont de la Serre – Lacs de Lignin

Colmars-les-Alpes (04) – 10 août 2021 * 10 km – dénivelé positif : 700m * Météo : ciel bleu 25°

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Retour par le vallon de Bressange – 12 août 2021 – Dénivelé négatif : 700m * Météo : Couvert et orage 25°

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  • Première nuit sur le parking du Pont de la Serre

Lundi 9 août. Il est environ midi lorsque nous attaquons la piste qui mène au parking du Pont de la Serre depuis Colmars.

Il fait chaud et nous avons hâte de nous retrouver en altitude pour avoir un peu de fraîcheur.

Après 6.5 km de piste carrossable, nous approchons du parking. Celui-ci est archi-comble et nous serons obligés de nous garer 200m en contrebas car, sur les 2 côtés, des véhicules sont stationnés.

Visiblement, l’endroit est très fréquenté…

Il nous faudra patienter jusqu’en fin d’après-midi pour que l’endroit se vide petit à petit et nous puissions nous installer sur un endroit bien plat. Quelques vans s’installeront également ici pour la nuit.

  • Montée aux lacs de Lignin par Mouries

Après une nuit bien calme et pas trop fraîche, bien que nous soyons quand même à plus de 1600 m d’altitude, le soleil resplendit dans un ciel entièrement bleu. Il va faire encore chaud aujourd’hui, on dirait.

Ça ne nous enchante guère car aujourd’hui nous montons aux lacs de Lignin et il faudra grimper plus de 700m de dénivelé pour une distance d’environ 10 km.

Sur le site, il existe des pertes qui absorbent les eaux des lacs pour ressortir 6km plus bas à la source du Coulomp, qui débite plus de 1m3 d’eau par seconde en période d’étiage, ce qui en fait une des plus importante résurgence de France.

Le but de cette rando est de repérer les pertes identifiées et peut-être même d’en trouver d’autres inconnues à ce jour.

Après être montés jusqu’aux lacs, nous resterons le lendemain pour faire du repérage et de la prospection. Nous redescendrons le jeudi 12 au parking du Pont de la Serre.

Nous partons vers 9h30. La température est encore supportable à cette heure et nous progresserons un bon moment sous les arbres, ce qui devrait nous éviter de “cuire” pendant un moment.

Peu après le départ, nous avons à faire un choix sur le parcours à emprunter : à droite, par le vallon de Mouriès qui semble plus ardu, ou à gauche par le vallon de Bressange qui a l’air plus fréquenté.

Arrivés à la bifurcation, c’est Bella qui choisit en allant directement sur le chemin de droite…

Nous suivrons le cours d’eau, la Lance, pendant un petit moment avant de grimper sur le flanc du vallon pour passer une longue barre rocheuse et continuer sur un plateau incliné culminant à un peu plus de 2200m d’altitude. Après cela, la suite devrait être plus tranquille jusqu’aux lacs.

Petite pause après les cabanes de Mouriès, à l’ombre d’un pin. Au niveau des cabanes, des abreuvoirs ont fait le bonheur de Bella qui n’a pas hésité à se plonger dedans.

Nous arrivons sur le plateau des lacs en début d’après-midi. Le paysage est vallonné et nous quittons le sentier balisé pour pouvoir détacher Bella qui a envie d’aller fureter un peu partout.

Les lacs sont en vue, étendus sur la bordure sud du plateau à l’ombre du Grand Coyer et du Rocher du carton.

  • Installation du campement

Il nous faut trouver un endroit pour planter la tente. Ce n’est pas l’espace qui manque et nous décidons de nous installer à l’écart du grand lac, près de celui situé à l’ouest. Nous ne devrions pas être dérangés car le sentier balisé ne passe par ici. Le plateau est pas mal fréquenté. Il faut dire que le coin est tout à fait joli avec les lacs qui s’étalent au pied des nombreux blocs de pierre provenant des massifs qui les surplombent.

Une cabane située en bordure sud-ouest de grand lac est occupée par un berger. Dans un enclos attenant, quelques moutons broutent paisiblement. Probablement des animaux blessés ou malades écartés du troupeau que l’on entend déambuler sur les hautes pentes du Grand Coyer.

Le campement est prêt et les couchages sont installés. Il faudra aller chercher de l’eau dans le lac et préparer le repas du soir. Pas besoin de se presser pour cela car il est encore tôt.

Nous profitons du soleil qui chauffe nettement moins à cette heure et du paysage reposant. Demain pour pourrons faire le tour des différents lacs pour essayer de trouver les pertes, mais, au premier aperçu on ne peut pas dire où elles pourraient bien se situer. Les étendues d’eau sont situées sur des couches géologiques imperméables, souvent des dépôts laissés par un ancien glacier et, en bordure de ces dépôts, lorsqu’on trouve du calcaire, le trop plein des lacs se déverse dans des failles pour s’enfouir sous terre.

  • Comme le loup, nous ne sommes pas les bienvenus…

Je scrute le paysage avec les jumelles pour détecter des indicateurs qui nous permettraient de faciliter nos recherches du lendemain quand j’aperçois une personne qui avance à grands pas dans notre direction. Nous nous apprêtons à le saluer lorsqu’il arrive mais nous n’avons pas le temps de le faire que déjà, il nous hurle de dégager d’ici tout de suite !!!

N’étant pas du genre à me laisser agresser de la sorte, surtout sans raison, je lui demande pourquoi, et surtout lui demande de na pas nous agresser de la sorte. Ce monsieur, qui est le berger du coin, veut nous foutre carrément dehors et nous ordonne d’aller planter la tente l’autre côté de la crête, c’est-à-dire au bord du grand lac, et que nous n’avons pas intérêt à discuter ses ordres. !

Il nous dit que les brebis vont venir sur le coin où nous sommes pour passer la nuit et qu’il y a 7 patous avec le troupeau et que donc il va y avoir des problèmes… Le ton est très vite monté et il a même proféré des menaces à notre encontre. C’était le meilleur moyen, évidemment, pour que je refuse de bouger… Pendant ce temps, Bella saute sur un des chiens du berger, comme elle sait si bien le faire, mais c’est pour lui montrer qui est le chef ! Après tout se passera bien et elle se fera même un copain.

Après en être presque venus aux mains, le berger s’assied et fait comprendre qu’il est fatigué et qu’il en a marre des touristes… Que ce n’est pas son boulot de dire aux gens où ils doivent se mettre (comme si on pouvait deviner où on ne peut pas s’installer et où on peut…).

  • Déménagement

Finalement, comme il s’est un peu calmé (et presque excusé), nous remballons le camp pour changer d’endroit. Elisabeth tient à aller discuter avec lui pour lui expliquer qu’on ne pouvait pas savoir et que nous nous étions installés ici pour ne déranger personne, justement…

Comme je m’en doutais, cette histoire de brebis qui allaient venir ici avec les 7 patous était un mensonge pour nous faire partir. Jamais les moutons ne sont venus là, ni aujourd’hui, ni le lendemain… C’était juste pour que l’on parte…

Finalement nous replantons la tente au bord du grand lac, en face de la maison du berger… Un mal pour un bien car l’endroit est bien mieux. Le soleil se couchera plus tard, ce qui est bien car le vent frais souffle fort. Et puis nous sommes juste au bord de l’eau. Il suffit presque de tendre le bras pour remplir la gamelle. En plus c’est une eau d’excellente qualité avec un très fort taux d’oligo-éléments ;). Tellement fort que l’eau en est toute trouble et de couleur beige…

Nous finirons le repas un peu avant la tombée du jour et nous aurons droit à un beau coucher de soleil sur le plateau et le lac.

2 randonneuses semblent vouloir venir vers nous, mais Bella n’est pas disposée à partager l’emplacement et ses aboiements répétés dissuadent les 2 pauvres filles qui installeront finalement leur bivouac dans un creux à environ 200m de nous.

La tente étant prévue pour 2 personnes, nous aurons un peu de mal à caler dedans tout le monde ainsi que les sacs . Surtout que Bella a tout de suite mis les choses au clair : elle dormira en haut et en boule…. Les autres n’auront qu’à se débrouiller…

Après une nuit même pas fraîche, car le vent s’est arrêté dès le début de la nuit, nous prenons le petit déjeuner sous le soleil. La journée sera probablement chaude, comme hier.

Nous devons remballer le campement car seul le bivouac est autorisé, de 19 heures au lever du jour.

Pour éviter de tout porter avec nous nous, il faudra trouver un endroit pour abriter ce dont nous n’avons pas besoin et nous reviendrons le chercher ce soir pour installer le bivouac… à 19 heures…

Suite : consulter la journée du 11 août  Lacs de Lignin – Vallon de Fouès

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.

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