You are currently viewing Col du Fam – Lacs de Lignin
Grand lac de Lignin

Col du Fam – Lacs de Lignin

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Randonnée

Castellet-lès-Sausses (04) – 9 au 11 septembre 2023 * 28.5 km – Dénivelé positif : 1 300 m* Météo : soleil 28°

Compte rendu

Activités vacances 2023
  • Bivouac au dessus d’ Aurent . A la recherche de l’eau

Départ du col du Fam à 15h30 pour faire un petit bout de chemin vers les lacs de Lignin. Nous essayerons de trouver un endroit correct pour planter la tente au bord du torrent du vallon de Grave Plane pour pouvoir avoir de l’eau ce soir et remplir les gourdes pour la journée de demain.
Nous reprenons le chemin d’Aurent que nous avons déjà emprunté hier pour aller aux sources du Coulomp. 1h30 après notre départ, arrivée à Aurent.
Près du lavoir, nous nous engageons sur le sentier bien marqué qui va vers Lignin. Le début du sentier est agréable, sous les arbres, avec 2 petits ruisseaux à traverser.
Il faut ensuite traverser le lit du torrent dont le débit est très faible. Un peu plus loin, plus d’eau dans le torrent…, et aucun endroit pour camper… On retrouvera peut-être l’eau un peu plus loin. Peut-être….
Le chemin balisé commence à monter et s’éloigne du lit du torrent…. On continue à monter, jusqu’à trouver un beau replat herbeux qui surplombe le lit du torrent d’une cinquantaine de mètres, mais toujours pas d’eau. On va s’arrêter là et on redescendra demain matin pour remplir les gourdes. Il est presque 18h30. On a le temps de préparer le bivouac, prendre le repas du soir et même, s’il ne fait pas nuit, chercher de l’eau…
Le coin est bien sympa avec ce petit carré d’herbe bien épaisse.
Après le repas, nous partons à la quête de l’eau mais il fait bientôt trop sombre et nous retournons à la tente sans rien avoir trouvé…
Dimanche matin : après une nuit tranquille et douce, nous remballons le camp, et redescendons à vide jusqu’à l’endroit où nous avions entendu couler de l’eau dans le torrent.
En fait, l’eau ne venait pas du torrent, mais d’un petit affluent caché derrière une rangée d’arbres.
On fait le plein d’eau avant de remonter jusqu’au lieu du camp, où nous prenons le petit déjeuner.
On va laisser la poubelle sous un arbre et on la récupérera en redescendant, demain.

  • La grande montée jusqu’aux Lacs de Lignin

Départ vers 8h30. La montée n’est pas trop dure, et nous sommes encore à l’ombre, donc ça va.
Bientôt la pente augmente sensiblement et les cailloux envahissent le chemin. C’est nettement moins sympa. Surtout que le soleil s’en mêle et même s’il ne fait pas encore chaud, ça va vite le devenir. On profitera quand même de la petite brise qui souffle.
Après une montée en lacets, en plein soleil, nous voici à la cote 1598m, au croisement avec le sentier peu marqué qui part vers Pierre Grosse.
Le chemin descend maintenant pour traverser un éboulis bien vertigineux qui ne plait pas du tout à Elisabeth.
Après presque un kilomètre, on atteint le fond du ravin dans lequel circule un peu d’eau. L’occasion pour Bella de se rafraîchir dans une petite vasque bien agréable.
On reprend la montée qui va nous amener, après plusieurs lacets, au replat des cabanes du Prey. Il fait bien chaud maintenant et ça devient difficile d’avancer. On profite de l’ombre des arbres pour faire de courts arrêts réparateurs.
Le sentier escalade des anciennes terrasses pour passer “Les Selles” et le resserrement de Pasqueires où nous nous arrêterons dans le lit à sec d’un cours d’eau pour reprendre des forces, installés à l’ombre de quelques arbres.
Après une petite collation, c’est parti pour remonter le vallon de Foues, long, large et surtout quasiment sans ombre.
Au bout du vallon quelques formes, regroupés sous les arbres. Ce sont des moutons, qui visiblement n’apprécient pas plus le soleil que nous.
Les patous font leur travail, mais sans s’approcher de nous. Un peu plus loin, plusieurs chiens (4 ou 5) arrivent à notre rencontre en aboyant. Le berger les suit et essaie de les rappeler. En vain, car Bella les intéresse beaucoup. Comme nous l’avions rattachée à la vue du troupeau, on craint que ça se passe mal. Mais non. Bella fait l’objet de toutes les attentions des chiens du berger, et c’est réciproque. Elle est toute frétillante et n’a pas trop envie de repartir. Finalement, ça semblerait lui convenir comme boulot : rester dans la montagne et s’occuper des moutons, en jouant avec les copains…
On en profite pour discuter avec le berger qui nous dit que nous sommes les premiers randonneurs qu’il voit de la saison… Pas vraiment fréquenté ce chemin, alors que celui qui monte par l’autre versant, depuis le Pont de la Serre (que nous avions pris il y a 2 ans) est “noir de monde”. Ça change, et c’est bien mieux par ici.
Maintenant commence la longue montée qui nous amènera au col de Lignin, mais il reste encore au moins 500m de dénivelé, autant que ce que nous venons de grimper. La fatigue commence à bien se faire sentir, surtout à cause du soleil qui tape et du poids du sac…
On avance lentement. Il faut dire que nous avons chacun environ 20kg sur le dos, peut-être même un plus. Nous avons prévu pas mal d’eau, car même si on a vu une arrivée d’eau à la cabane de Bas Pasqueires, 2 ans auparavant, les choses changent, en montagne comme ailleurs, et manquer d’eau est insupportable. Nous avions donc déjà 8kg rien que pour l’eau…
Un premier cran pentu nous fait arriver justement à la cabane de Bas Pasqueires, et….plus d’eau…Les choses changent… En plus la cabane est fermée par une grosse chaine et un cadenas qui vaut certainement bien plus que 10 €… Bonjour l’accueil..
Il y a deux ans, elle était ouverte à tout le monde. Décidément, les temps changent, et pas forcément en bien…
Après un petit arrêt à l’ombre de la cabane, nous reprenons la montée. Un peu plus haut, un filet d’eau coule dans un vallon. Bella trouve une petite vasque pour s’y rafraîchir. On attend qu’elle ait terminé son bain pour repartir.
La fin de la montée est fastidieuse, et en plus, les moutons occupent visiblement le plateau de Lignin. Avec Bella ça risque d’être un peu difficile.
Nous arrivons en haut vers 18h30. Nous avons raté le coucher de soleil sur le lac… En 2021, le soleil restait plus longtemps, mais c’était le 10 août et cette année nous sommes le 10 septembre. Ça fait une différence.
Il faut trouver un endroit où planter la tente et on essaie de retrouver celui où nous avions passé la 2ème nuit, en 2021.
En arrivant au col, on entend les aboiements des patous qui sont à la maison pastorale de notre “cher ami” avec qui nous nous sommes pris la tête il y a deux ans (Plusieurs personnes nous ont confirmé qu’il avait un caractère “particulier” avec les touristes).
Mais pour l’instant, ce sont ses chiens qui posent problème. Je crois qu’il y en avait 4, bien gros, et qui ont commencé à agresser Bella, méchamment. Le berger était devant la porte de la bergerie et n’a strictement rien fait pour rappeler ces chiens. On reconnaît bien le personnage.
2 gros patous commencent à essayer de mordre Bella qui crie et essaie de s’enfuir, mais elle est attachée…
J’ai donc dû intervenir avec force pour les faire partir, mais ils cherchaient à revenir à la charge. J’ai eu beaucoup de mal à les faire déguerpir définitivement. Mais pour combien de temps ?
Après cette désagréable arrivée, nous trouvons quand même un beau plat herbeux pour nous poser cette nuit.
Comme en 2021, il y a un vent froid au niveau du col, mais la tente que nous avons pris cette année comporte un auvent qui va nous protéger et nous permettre de chauffer l’eau pour le repas du soir.
Après le repas et un bon café, il fait quasiment nuit et nous ne tarderons pas à nous calfeutrer dans la tente.

  • Tout ces efforts pour redescendre aussitôt…

Lundi 11 septembre : La nuit a été froide, surtout pour Elisabeth qui n’avait pas voulu utiliser son sursac… On ne se lève pas trop tôt. 9h30, je crois. Une fois que le soleil tape sur la tente, difficile de reste à l’intérieur.
On prend le petit déjeuner, en essayant de faire de l’ombre avec la tente car il fait déjà chaud.
Pas vraiment pressés de repartir, tout comme en 2021. Un orage nous avait faire partir, mais aujourd’hui, c’est grand ciel bleu, donc on traîne…
Les patous ne sont pas réapparus. Tant mieux ! Je vais chercher de l’eau dans le lac pendant qu’ Elisabeth reste à l’endroit du campement avec Bella. Les chiens ne doivent pas être là car ils ne se manifestent pas quand j’approche du lac. Hummm la belle eau de tourbière millénaire… bien opaque… Mais bon, on n’a pas vraiment le choix. Les cachets de purification devraient faire le boulot pour lequel on les a payés. Espérons-le, en tout cas.
Il est 13h10 quand nous commençons à redescendre… Ça va être juste, même si bien sûr, ça devrait prendre moins de temps que pour la montée. 5 heures je pense.
La descente se fait tranquillement. Bella, évidemment, profite de sa liberté pour cavaler les marmottes. Mais là, elle peut rêver…. L’espoir fait vivre et elle se dépense sans compter.
Petit arrêt à la baraque de Bas Pasqueires, et on repart pour un morceau de descente un peu délicat, à moitié dans le lit à sec d’un torrent. Bella s’en va un moment et elle revient à bout de souffle. Elle a 2 blessures sur la tête. Elle a dû glisser et se cogner. Heureusement, c’est superficiel et, en tout cas, ça ne la dérange pas.
On continue. Il fait aussi chaud qu’hier, mais il y a quand même cette brise bienfaitrice et quelques arbres sous lesquels on peut s’abriter du soleil.
Je rattache Bella, car nous serons bientôt à l’endroit où nous avons vu les moutons hier.
Un des chiens du berger seulement vient à notre rencontre pour faire quelques léchouilles à Bella, qui apprécie…
Nous passons loin du troupeaux. Les patous aboient, la caravane passe… Le berger nous fait un grand signe et nous attaquons le four du Vallon de Foues. Nous dépassons le torrent à sec où nous avons mangé hier en début d’après-midi.
Descente des terrasses herbeuses et nous approchons des cabanes du Prey, avant de glisser-rouler sur le sentier caillouteux en lacets.
Arrêt au fond canyon pour manger et nous rafraîchir au bord de l’eau.
Il faut ensuite monter le désagréable pierrer qui a bien dérangé Elisabeth à l’aller. C’est vrai qu’il est dur et en plein soleil. Visiblement, il va mieux dans ce sens pour Elisabeth.
Il commence quand même à se faire “tard” et je pense que nous mettrons plus des 5 heures que j’avais estimées. Plusieurs éboulis bien pénibles pour les pieds, et surtout pour les pattes de la pauvre Bella qui n’apprécie pas du tout.
Nous arrivons enfin à l’endroit du 1er bivouac. Petite pause et on récupère la poubelle qu’on avait cachée dans un genévrier.
Ça fait un moment déjà qu’on avance à l’ombre et c’est bien mieux. Nous ne sommes plus loin d’Aurent, 1/2 heure peut-être et nous suivons tranquillement le chemin bien marqué.
Il faut traverser le lit du torrent à sec pour arriver, 5 mn plus tard au lavoir d’Aurent où on pause les sacs.

  • Encore une nuit à Aurent

Il est 18h30. Que fait-on ? On continue jusqu’au Kyros ou on campe ici ? Il nous faudra encore au moins 2 heures pour arriver au col du Fam et il fera nuit. On n’est pas pressé et une nuit de plus sous la tente ne sera pas désagréable.
C’est décidé ! Nous dormirons ici, près du lavoir. Si quelqu’un vient jusqu’ici, on lui demandera si ça ne pose pas de problème.
Avant de monter la tente, nous préparons le repas du soir. Plus de plats lyophilisés, mais les soupes feront l’affaire.
Un peu avant la tombée de la nuit, une dame vient promener son chien dans notre direction, ce qui n’est pas du tout du goût de Bella qui aboie de toutes ses forces après le pauvre chien qui voulait gentiment venir lui dire bonjour. Mais elle est fatiguée et a mal aux pattes, donc elle veut qu’on la laisse tranquille.
La pauvre dame fait donc demi-tour. Super ! Histoire de se faire bien voir, c’est raté.
On posera quand même la tente, à la frontale, mais on ne montera pas le double toit car le ciel est bien dégagé. Ça ne craint pas.
On se couche avec plaisir. La température est agréable et la nuit devrait être bonne.
Oui, elle l’a été… jusqu’à 4h30….
…Réveil en sursaut. Il pleut ! Pourtant plusieurs fois j’ai observé le ciel étoilé à travers la moustiquaire et tout était limpide. Mais j’ai dû m’endormir et les nuages en ont profité pour se glisser insidieusement au dessus de nous.
Il faut sortir vite et poser le double toit car la tente est déjà bien trempée et l’eau coule à l’intérieur.
Ça n’a pas traîné et nous sommes vite de retour à l’abri, et, peu de temps après, la pluie cesse… Bon, c’était mieux quand même de faire cela, surtout qu’il risque de pleuvoir à nouveau.
Mais non, la pluie n’est pas revenue et nous nous lèverons vers 7h30.
Nous démontons tout pour faire sécher la tente, ou du moins essayer de la faire sécher, car le soleil n’est pas encore là.
9h15, nous partons du lavoir pour commencer la dure montée caillouteuse. Au revoir Aurent et à une autre fois, peut-être.
Nous croisons une personne qui descend le chemin. On discute un peu avec lui. Il fait partie de la mairie de Castellet-lès-Sausses dont Aurent dépend. Il descend au hameau car un contrôle de l’assainissement doit avoir lieu… Mais à Aurent, il n’y a pas d’assainissement…. Pas plus que d’électricité. L’architecte des bâtiments de France refuse que des panneaux solaires soient installés sur les habitations… Par contre, pour la 5G, pas de problème normalement…. On est bien en France !
Nous continuons notre chemin et croisons plusieurs habitants d’Aurent qui descendent également pour le contrôle. Chacun est d’accord sur le fait qu’on est bien en France. Cocorico !
Nous arriverons au Kyros vers 11h30.

 

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.