Vallée de la Canceley

Abreschviller (57) – 17 mai 2020 * 16 km – Dénivelé positif : 200m* Météo : 22° – Temps ensoleillé /

. Randonnées du mois de mai : Nbre : 3 / 58,5 km / Dénivelé positif : 1480 m
. Total année : Nbre : 22 / 395.50 km / Dénivelé positif : 10 200 m


  • 1er week-end du déconfinement

Ça y est, enfin ! Il est à nouveau possible d’aller parcourir la forêt comme bon nous semble. Il était temps, mais est-ce que cela durera ? L’avenir nous le dira…

En attendant, profitons-en. Aujourd’hui, nous allons parcourir la vallée de la Canceley, affluent de la Sarre Rouge, et située à quelques kilomètres au sud-est d’Abreschviller.

Cela fait un moment que je veux faire des prises de vue du cours d’eau qui parcourt la vallée, autrefois quasi sauvage et magnifique et qui a, comme beaucoup d’autres endroits dans la région, été exploitée et sacrifiée sur l’autel du dieu Euro. Départ aux 2 rivières, à la confluence de la Sarre Rouge, qui vient du Donon, et de la Canceley qui descend du massif du Grossmann.

Une fois n’est pas coutume, nous ne ferons pas une boucle, mais un aller-retour le long du cours d’eau. Je préfère, en général, faire une boucle, mais aujourd’hui je veux rester à proximité du cours d’eau pour faire les prises de vue, donc, pas trop le choix.

Pour démarrer, on passe près de la petite maison, située au carrefour des 2 rivières, pour prendre la route forestière qui monte vers le Grossmann. Il est presque 13h30 et le temps est au beau fixe. Ciel bleu et petit vent agréable. Il va quand même faire un peu chaud et, malheureusement, la vallée n’est plus ombragée depuis que les arbres qui bordaient la route ont quasiment tous été coupés. Encore une riche idée…

On passe la boucle que fait la rivière, au Trou du Loup. Le relief de la vallée est plutôt escarpé, avec de nombreux affleurements rocheux et des petites falaises qui rendent l’endroit assez sauvage. La vallée s’élargit ensuite. Sur la droite, une route forestière s’en va en direction de la Gorge aux Sangliers.

Le débit de la Canceley est bien inférieur à ce qu’il devrait être au mois de mai, et on peut craindre une période de sécheresse précoce s’il ne pleut pas dans les prochains temps. Les affluents que l’on rencontre coulent un peu, quand même, mais leur débit est quand même très faible.

Les couleurs du printemps sont bien là, et le vert encore clair, des feuillages et des jeunes pousses sur les sapins, illumine la vallée.

500m plus loin, c’est sur la gauche que part une autre piste forestière, qui va rejoindre la Place du Bon Dieu, au pied du Grand Rommelstein.

Mais nous continuons sur la route, progressant, tantôt sur du bitume, tantôt sur du gravier. L’ONF a en effet fait enlever le

revêtement, par endroits, sur quelques centaines de mètres. Difficile de trouver une raison à cela. Peut-être pour bien montrer que la circulation y est interdite ? Il est évident que la présence du commun des mortels dans les massifs forestiers dérange fortement. Les exploitants forestiers, par contre, y sont les bienvenus, ainsi que les chasseurs qui disposent de laissez-passer… Allez savoir pourquoi…

Peu après, on passe au pied de l’emplacement de l’ancienne maison forestière du Canceley. Aujourd’hui, plus aucune trace de bâtiment mais, à la place, des genêts et des ronces. La nature reprend vite la place qui était la sienne.

La rivière fait une nouvelle boucle pour « récupérer » l’affluent Dunkelbach. Le long de cet affluent, une route forestière va rejoindre le col de la Sayotte.

On continue de suivre la rivière principale. A gauche, départ d’un sentier balisé qui monte vers la Tête du Noll et le Grossmann. Joli sentier à prendre sans modération…

  • Une vallée, autrefois sauvage, exploitée et défigurée

Nous attaquons maintenant la partie supérieure de la vallée qui, autrefois, était magnifique, avant d’être exploitée et complétement dénaturée. Quelle tristesse.

On laisse la route forestière qui traverse la rivière et monte, sur la droite, vers Cense Charlot. Quelques centaines de mètres après, un pont permet de passer au-dessus du cours d’eau. Autrefois, on débouchait sur une petite place herbeuse . J’ai eu l’occasion de planter plusieurs fois la tente à cet endroit, pour y passer la nuit, bercé par le bruit de la rivière qui s’écoule paisiblement quelques mètres en contrebas. Mais depuis plus d’une dizaine d’années, il y a maintenant un grand parking de graviers avec un abri en tôle sous lequel sont disposés des bancs et des tables en… béton… Placée en hauteur, sur la façade ouverte de l’abri, une grande planche sur laquelle est gravée « Abri des anciens d’Abreschviller ».

Sur les photos, vous pourrez avoir une idée de ce dont je parle.

J’ai souvent parcouru la vallée, et à chaque fois que j’ai vu du monde ici, c’était des chasseurs qui avait établi leur camp de base, et qui exposaient fièrement leur galerie de désolation, composée des cadavres sanguinolents des animaux sauvages courageusement tués. Pourtant, en y regardant de plus près, ces « anciens d’Abreschviller » ne semblaient pas très marqués par l’âge…

Passons rapidement cet endroit qui me donne le cafard.

  • La partie supérieure de la vallée

Le soleil cogne bien à cette heure, et pas d’ombre pour atténuer la chaleur qui commence à devenir lourde. Le petit vent qui passe, de temps en temps, ne suffit pas à rafraichir.

Nous arrivons maintenant au lieu-dit Colbeck. Peut-être y avait-il une construction, autrefois, car il y a une clairière avec quelques arbres fruitiers çà et là. En tout cas, on ne voit aucun vestige d’une quelconque construction.

1 km après Colbeck, on passe à Nollembourg, d’où part la route forestière qui monte vers le Petit Noll. En face, un sentier rejoint le bord de l’eau. Je vais aller faire quelques photos et j’y reviendrai au retour pour filmer.

La pente va maintenant augmenter sensiblement, pour cette dernière partie. Le cours d’eau n’est ici qu’un ruisseau qui va s’amenuiser au fur et à mesure que l’on monte.

Au niveau de la station de pompage, je quitte la route pour rejoindre le ruisseau et le remonter pour faire plusieurs prises de vue et prendre des photos.

En remontant encore un peu, le ruisseau se divise en 2 petits cours d’eau qui descendent, l’un de la vallée de la Sayotte, et l’autre de Wolfsthal et de la Fresstanne.

C’est ici que nous allons faire demi-tour, mais avant, petit arrêt pour préparer une boisson chaude.

Sur le chemin du retour, je ferai plusieurs arrêts pour filmer la Canceley tout le long des 8 km de la descente.



Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.