Cimetière allemand-Baraque Carrée-Borne Brignon
Le Noll dans le brouillard

Cimetière allemand-Baraque Carrée-Borne Brignon

Saint Quirin (57) – 26 décembre 2019 * 17 km – Dénivelé positif : 450 m * Météo : 2° couvert


Cimetière militaire allemand, en haut de la vallée de la Sarre Rouge : Il est 11 heures et le parking est noyé dans le brouillard. Le thermomètre affiche 1°, pour 100% d’humidité… Il ne pleut pas et ça change de dimanche dernier, mais ce n’est pas plus engageant pour autant. Il semble quand même que le soleil essaye de se décider à dissiper la brume, mais ce n’est visiblement pas pour tout de suite.

Brouillard et soleil…

La veste est fermée jusqu’en haut, le sac est dans le dos, et c’est parti. Une petite montée pour débuter, et ça va vite se réchauffer. Le Chemin des Bornes est mystérieux dans le brouillard, de temps en temps transpercé par les rayons du soleil qui s’enhardissent progressivement. J’en profite pour faire des prises de vues et quelques photos. La Baraque Carrée est éclairée par le soleil, et la brume s’évapore petit à petit en dévoilant le massif du Noll, du Narion et du Rocher de Mutzig.

Changement de direction pour revenir vers le cimetière du départ, mais en empruntant le GR53 jusqu’au col de la Côte de l’Engin. Le soleil est éblouissant, mais on lui pardonne volontiers, d’autant plus qu’une masse grisâtre venant du sud-ouest s’approche assez vite vers ici. Ça risque de tourner à la neige.

Au col, il faut traverser la D44 pour rejoindre le GR5, et le suivre vers le nord-ouest jusqu’au « Sac de Pierre », borne cylindrique en pierre de 1,45m de haut, qui matérialiserait un lieu de rencontres et d’échanges  entre les gaulois de « Moselle » et ceux « d’Alsace« , il y a longtemps bien sûr, parce qu’aujourd’hui, ce sont tous des ?!?, enfin des habitants du Grand est…

La randonnée, une activité dangereuse…

Arrêt repas près de la pierre avant de rattraper le GR5. Un peu plus loin, 2 véhicules 4×4 sont garés le long du sentier. Ce sont très probablement des chasseurs, car on entend, en contrebas, les vociférations cromagnonesques de rabatteurs en pleine action. Mais où sont donc leurs congénères armés d’un fusil et qui attendent courageusement dans le froid que les méchantes bêtes, nuisibles de surcroît, leur foncent dessus? Pas très rassurant d’avancer entre les arbres en espérant ne pas être pris pour un sanglier… Pas de quoi s’inquiéter trop puisqu’ils sont censés tirer à vue… Il suffit de voir le nombre de cueilleurs de champignons ou promeneurs qui sont morts, pour en douter fortement… Finalement, un des tueurs, vêtu d’un gilet orange, fait les 400 pas à la Croix Simon , mais le ou les autres, où sont-ils ?…

Randonnée et histoire…

Le ciel est maintenant uniformément gris mais il ne pleut pas, pour le moment. Peu avant la Borne Brignon, on passe devant une borne milliaire qui ressemble comme 2 gouttes d’eau au « Sac de Pierre ». Une pancarte nous informe que ces bornes, placées sur les voies romaines, indiquaient un « mille romain » (environ 1500m). On y apprend également que le milliaire d’or  (l’origine de toutes les voies de l’empire romain) avait été érigé sur le Colisée par l’empereur Auguste (qui s’appelait en fait Octave puis Octavien..). Ce milliaire d’or était une colonne de bronze doré surmontée d’un globe qui symbolisait la domination de Rome sur le monde, rien que ça !

Chemin du retour en gris

Peu après, le GR5 conduit à la Borne Brignon où va commencer le chemin du retour. D’abord le grand carrefour de la Main de Fer, avec l’abri Paul BECHLER, puis la piste va remonter jusqu’à la Croix Simon. Après le col, un chemin non balisé monte sur la droite, pour passer un peu en dessous du sommet de la Malcôte. Le sol est gorgé d’eau et quelques chablis (non, pas du vin !) obligent à faire quelques détours.

Le gris du ciel devient plus sombre et quelques flocons de neige fondue commencent à tomber. Le sentier est coupé par la route forestière qui passe au Sac de Pierre, et il faut la traverser pour rattraper le chemin qui va rejoindre, plus bas, une ancienne piste aujourd’hui recouverte d’herbe et de mousse. C’est un véritable petit ruisseau qui dévale le chemin, et il faut aller de droite et de gauche pour ne pas se remplir les chaussures d’eau. La neige fondue tombe de plus en plus, et heureusement que le cimetière allemand n’est pas loin. Petit arrêt quand même à l’émergence de la source de la Sarre Rouge qui coule bien, évidemment.

De retour au parking, un peu avant la tombée de la nuit, le thermomètre n’a pas trop bougé. Il fait 2°, et la pluie commence à tomber, pour changer.


Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.