Randonnée-bivouac au Narion

Dabo (57) – 17 et 18 octobre 2020 * 42 km – Dénivelé positif : 1 320m* Météo : 3 à 6° couvert, pluie, brume et soleil /

. Randonnées du mois d’octobre : Nbre : 1 / 42 km / Dénivelé positif : 1 320 m
. Total année : Nbre : 49 / 805 km / Dénivelé positif : 24 780 m

Rando-bivouac au Narion - la vidéo
Rando-bivouac au Narion – la vidéo
1er jour : montée

Comme l’année dernière, j’ai prévu de faire une randonnée de 2 jours avec un bivouac en extérieur.

Je partirai d’Enteneck, à la confluence de la Zorn blanche avec la Zorn jaune, pour monter jusqu’au sommet du Narion, à 998 m d’altitude, afin d’y passer la nuit, avant de redescendre le lendemain.

Pour la 1ère journée, le parcours prévisionnel théorique fait 20 km pour 1080 m de dénivelé positif. Celui de la journée de retour fait 23 km pour un dénivelé de compris entre 460 et 620 m, selon l’option choisie.

La météo prévoyait un temps correct pour le week-end du 17 et 18 octobre, et comme je voulais faire cette rando avant le passage à l’heure d’hiver, le choix s’est imposé.

Pour réaliser ce périple, je serai accompagné par Bella, ce qui ne facilitera pas forcément les choses…

  • La vallée de la Zorn Blanche et la maison forestière du Spitzberg

Samedi 8h30, l’heure du départ a sonné . Nous partirons par la route forestière qui remonte la vallée de la Zorn blanche, jusqu’au lieu-dit Herrenmuhlen. J’avais initialement pensé emprunter le sentier qui passe de l’autre côté de la rivière, plus sympathique que la route goudronnée, mais il a beaucoup plu ces derniers jours et le chemin risque d’être un vrai bourbier et ce n’est pas utile de commencer dès le début à avoir les pieds complètement trempés.

Le temps n’est pas vraiment génial. Le ciel est bien couvert. Il faut espérer que ça va s’arranger. La météo n’a pas prévu de pluie mais… sait-on jamais… En tout cas, pour le moment l’optimisme n’est pas vraiment de la partie.

L’année dernière, il y avait beaucoup de champignons sur les bords de la route, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. On voit quelques amanites tue-mouches complètement gorgées d’eau. Les cueilleurs de champignons ne seront pas à la fête ce week-end.

Le soleil passe timidement à travers la couche de nuages par moments, mais le rideau se referme vite et on retrouve la grisaille matinale renforcée par la brume. Mais c’est agréable quand même de marcher tranquillement avec le doux bruit de la rivière qui nous accompagne. En plus Bella ne tire pas trop, pourvu que cela reste comme cela. Je suis obligé de la garder en laisse car la chasse est ouverte et je n’ai vraiment pas envie qu’elle prenne une balle car elle a tendance à cavaler un peu partout dans la forêt. Mais il paraît que les chasseurs ne tirent qu’après avoir vu. Pourtant 2 chiens de chasse ont été tués par leurs maître, il n’y a pas très longtemps…On se demande comment c’est possible puisqu’ils voient sur quoi ils tirent…

Nous dépassons l’ancienne scierie de Koeppenmuhl et attaquons les méandres de la rivière avant d’arriver à Herrenmuhlen. Sur la droite arrive le ruisseau Schnokenloch qui vient rejoindre la Zorn. Peu après ce croisement, nous quittons la route forestière pour monter à droite par un sentier étroit au milieu des sapins aux branchages recouverts de mousse. La montée commence vraiment maintenant. Nous allons rejoindre tout d’abord l’ancienne maison forestière du Spitzberg, qui a intégré, il y a peu de temps, le loto du patrimoine.

Sur le sentier qui monte à la MF du Spitzberg
Sur le sentier qui monte à la MF du Spitzberg
Montée vers Urstein
Montée vers Urstein

Je rencontre, en montant, 2 cueilleurs de champignons, qui confirment que les cèpes ne courent pas trop la forêt cette année, pour le moment en tout cas.

Nous arrivons à la maison forestière, située à 735 m d’altitude. 440 m de dénivelé déjà faits, mais il en reste encore à faire jusqu’au sommet du Narion. Beaucoup de voitures sont garées devant la maison forestière. Il semble y avoir un regroupement des “amis du Spitzberg” qui occupent le bâtiment et en assure la gestion.

On croise encore des cueilleurs de champignons, ainsi que 2 randonneurs avec des sacs à dos bien chargés.

Petit arrêt dans l’abri du club vosgien, situé peu après la maison forestière. Je pose le sac qui commence à peser sur les épaules et le dos. Il pèse quand-même 19 kg, soit 1.5 kg de plus que l’année dernière. Cette différence vient probablement  des affaires de Bella que je suis obligé de porter. Je lui ai demandé si elle voulait bien les prendre, mais elle m’a fait comprendre que ça allait la gêner pour cavaler un peu partout entre les arbres et les buissons… J’ai donc pris sa nourriture pour les 2 jours, de l’eau pour le soir, et une couverture car la nuit risque d’être fraîche, si on en croit les prévisions météo.

  • Montée au Hengst et à Urstein

On va continuer à monter en empruntant le petit sentier qui va nous faire arriver au Hengst, à 876 m d’altitude. Le temps ne s’arrange pas vraiment et le ciel est de plus en plus chargé. Je crains vraiment que la pluie s’invite pour la suite de la rando, ce qui ne me réjouit pas vraiment.

Encore une montée pour arriver au sommet de Urstein, à 946 m. Les rochers sombres apparaissent fantomatiques dans la brume qui enveloppe leur sommet. Sur la crête qui fait suite, on voit le versant alsacien complètement noyé dans les nuages.

En arrivant à Urstein
En arrivant à Urstein
Urstein
Urstein
Vers Urstein
Vers Urstein

On va redescendre un peu pour rejoindre le chemin forestier qui vient du col de Hoellenwasen pour passer sous le sommet d’Eichkopf. Sur le sentier qui descend nous croisons un VTTiste qui préfère s’arrêter pour nous laisser passer. Bella cesse de tirer un court instant pour dire bonjour et repart aussitôt, et donc, moi aussi. C’est tout juste si j’ai le temps de saluer le conducteur du vélo car je décolle d’un coup. On a vraiment l’impression que Bella a un train à prendre…

  • Elsassblickle Noll. Où la pluie nous attendait

Nous allons maintenant pouvoir nous “reposer” un peu jusqu’au parking d’Elsassblick. Après le chemin forestier quasiment plat, nous débouchons sur la petite route des Russes. Pas de dénivelé à “subir”. J’en profite pour manger une barre de céréales car je n’ai rien avalé depuis le départ et je crains un petit coup de pompe dans la montée qui va suivre, en direction du Grossmann.

Un seule voiture stationne à Elsassblick. Il faut dire que le temps est moche et n’incite pas vraiment à arpenter la montagne. D’ailleurs je sens quelques gouttes d’eau… Aïe, ça n’augure rien de bon.

J’essaie de réfréner Bella qui tire bien fort malgré la pente. Le sentier est en dévers à certains endroits et il est plutôt glissant avec les feuilles mouillées qui le recouvrent.

En haut de la montée, nous sommes juste en dessous du sommet du Grossmann et le chemin détrempé redescend jusqu’à Altmatt. J’aperçois 2 randonneurs qui viennent de passer devant le refuge d’Altmatt pour se diriger vers le col du Narion.

Montée vers le Grossmann
Montée vers le Grossmann
Altmatt
Altmatt

Dernière montée, pour aller au Noll. Cette fois, il pleut vraiment. Pas fort, certes, mais la teinte du ciel ne laisse de place au doute. Ça va empirer. Et ça empire… Juste quand il ne fallait pas, car nous arrivons à l’endroit le plus délicat du parcours : il faut trouver le passage pour aller au Narion depuis le Noll. Il n’y a aucun sentier et nous devons traverser une forêt de sapins très dense. Il faut essayer de trouver la bonne direction en slalomant entre les arbres, quand un passage existe. En plus Bella tire à droite et à gauche car elle a senti des animaux pas très loin. Impossible de la calmer. Il faut la maintenir près de moi, éviter les trous d’eau, trouver la bonne direction, traverser des champs de hautes fougères trempées, et garder son calme sous la pluie qui tombe maintenant bien fort. Pas envie de m’arrêter pour sortir le poncho qui est quelque part au fond du sac…

  • Installation du bivouac

Le rocher est heureusement en vue et il reste quelques centaines de mètres à parcourir pour arriver au sommet, enfin. Une fois en haut, je pose le sac dans un coin, vers l’endroit où j’avais repéré un rocher tombé qui peut servir d’abri. C’est bien tentant de se réfugier dessous, mais si j’y vais, ça sera difficile de sortir de là. En plus, si je reste sans bouger je vais avoir froid car je suis trempé. Autant commencer à installer le bivouac. Excellente idée, mais où le monter ? Tout est trempé. Le sol est une vraie éponge et je me vois mal me mettre là-dessus. Quand j’étais venu en repérage, il y a quelques semaines, c’était bien sec, et sous le soleil. Pas vraiment le même tableau aujourd’hui…

Réfléchissons un peu. Juste avant le sommet, un rocher en surplomb protège de la pluie. Autant aller en dessous pour réfléchir au sec.

Nous redescendons donc un peu pour nous abriter, et je constate que le sol, sous le surplomb, n’est pas beaucoup mouillé. En plus il y a un petit replat de quelques mètres carrés, suffisant pour pouvoir y passer la nuit. Quelques pierres à enlever, c’est tout. Bella, croyant que je veux jouer, me ramène des morceaux de bois et les pose à l’endroit où je veux mettre les couvertures de survie qui serviront de tapis de sol isolant… Pratique… Bon, on attendra un peu avant de les mettre au sol.

Heureusement, il est seulement 15 heures, et j’aurai le temps de tout préparer avant la nuit.

Question : est-ce que je vais monter la bâche ? L’abri du rocher semble suffisant, mais parce qu’il n’y a pas de vent. Si ça se met à souffler, comme c’est souvent le cas ici, et si le vent vient du mauvais côté, l’abri ne servira plus à grand-chose. Donc, je monte la bâche, même si la pluie a cessé. Le ciel est chargé de gros nuages et ne laisse rien présager de bon.

Je tends une cordelette de 20 m entre un sapin et un arbre appuyé contre le rocher, puis je pose la bâche dessus. Il faut maintenant coincer les porte-jarretelles sur la bâche pour pouvoir la fixer ensuite au sol. Mais ce n’est pas simple du tout car le ruban adhésif que j’ai mis en renfort sur le bas de la bâche est tout dur à cause de la température, et je n’arrive pas à coincer les porte-jarretelles. C’est bête quand même… Je n’ai pas eu ce problème à la Bendola

Tant pis je vais mettre les agrafes sur la bâche directement, pas sur le scotch. Ça va mieux, en effet. Espérons juste qu’il n’y aura pas trop de vent, sinon le plastique risque de s’arracher.

Voilà, la protection est en place et devrait être efficace en cas de pluie.

On va maintenant pense à manger, car c’était un peu léger aujourd’hui, à ce niveau. La nuit risque d’être bien fraîche et nous aurons besoin de calories. Il fait nuit à 19 heures en ce moment et il serait préférable que nous ayons fini de dîner et que le bivouac soit  complètement installé tant qu’il fait encore un peu jour. Je pense qu’on ne traînera pas pour se coucher. D’ailleurs, quoi faire d’autre quand il fait nuit… j’ai oublié de prendre la télé…

Pas la peine d’espérer faire un feu de bois. Tout est trempé, à part quelques branches qui étaient abritées sous le surplomb, mais qui ne suffiront pas pour réussir à faire chauffer de l’eau. J’ai bien fait de prendre un réchaud à gaz. Par ce temps, il vaut mieux avaler quelque chose de chaud.

  • Une nuit pas de tout repos

La nuit tombe très vite et nous sommes couchés vers 19h30. J’ai installé Bella entre moi et le rocher pour qu’elle soit mieux protégée du vent. J’ai mis une couverture de survie épaisse sous elle et 2 sacs étanches épais lui serviront de matelas isolant. Je lui pose dessus la couverture que j’ai emmenée. Elle est quand un peu fine et je ne suis pas certain que ça suffira.

Pour moi, aucun souci : matelas gonflable, duvet donné pour -10 ° et sursac isolant. Je ne risque pas d’avoir froid.

Pas facile de fermer l’œil car le vent se lève bientôt. Il est plutôt glacial et chargé d’humidité. Je sens bientôt Bella qui grelotte contre moi. Elle est couchée en boule mais le vent est trop froid. Je me relève pour aller chercher mon poncho et le poser au-dessus de la couverture pour essayer de l’isoler un peu du vent. Mais celui-ci soulève le poncho qui ne sert donc pas à grand-chose. En plus, comme elle a froid, Bella se lève et je pense qu’elle a dans l’idée de rentrer à la maison pour se coucher au chaud près du radiateur. Je ne doute pas qu’elle y arriverait en quelques heures, mais pas moi…. Je sais aussi qu’elle ne partirait pas si je ne viens pas, et je n’ai pas du tout l’intention de tout remballer et de partir de nuit, avec le brouillard qui, en plus, vient de nous envahir, ce qui n’est pas pour réchauffer l’atmosphère…

J’ai beaucoup de mal à convaincre Bella de se recoucher et qu’elle se mette contre moi. Une fois qu’elle a daigné se recoucher, je repose la couverture dessus puis le poncho que je coince sous elle pour qu’il ne s’envole pas. Je me mets aussi sous le poncho et je passe mes bras autour d’elle pour essayer de la réchauffer. Du coup je ne profite plus beaucoup de mon “super-duvet” car j’ai les bras et le haut du corps à l’extérieur. Le système semble à peu près efficace. On réussit à créer une “bulle” moins froide et nous sommes presque abrités du vent. Quelques minutes plus tard, Bella ne tremble plus et je l’entends ronfler…

Par moments le vent s’arrêtera pour repartir un peu plus tard, et toute la nuit se passera ainsi.

5h 40. Je n’ai pas réussi à dormir car je suis bloqué sur le côté avec Bella couchée sur un de mes bras, et en plus j’ai mis la caméra et le Iphone dans le duvet pour éviter que les batteries ne se déchargent trop à cause de la température, même si j’ai pris une batterie de grande capacité pour recharger les 2 appareils, qui est d’ailleurs également dans le duvet et qui me rentre dans les côtes. Sympathique…

Sur le matin je réussis à m’assoupir quand même un peu et, quand j’émerge la tête de dessous le poncho, je vois qu’il fait déjà bien jour. Il est 8h20 à ma montre. On doit se lever vite car il me faudra pas mal de temps pour ranger tout, et il y a beaucoup de chemin à faire aujourd’hui.

Mais pour sortir du duvet, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il fait très froid (le thermomètre indique 3°) et très humide puisque nous sommes encore dans le brouillard. Le vent continue de souffler et dissuade vraiment de sortir du duvet.

Après une dure nuit
Après une dure nuit

Pourtant, il faut y aller. Bella a recommencé à trembler fortement, et je me décide à me lever et à remettre les vêtements trempés que je portais hier. Hummm très agréable, surtout qu’ils sont à température ambiante… Un mauvais moment à passer, mais ça ira… après…

  • Démontage du bivouac et rangement dans le froid

Pendant que je commence à remballer, Bella reste couchée et j’ai mis mon duvet en tas au-dessus d’elle, ce qui a l’air de lui faire du bien. Il n’y a plus qu’un morceau de sa tête ainsi que son museau qui dépassent, et elle m’observe en train de m’activer. Il me faut du temps pour démonter la bâche car j’ai les doigts gelés et il faut les réchauffer régulièrement.

Bella a maintenant moins froid et elle se lève. Évidemment, elle est pressée de partir et elle le fait savoir.

Ça fait un moment que j’entends du bruit du côté du Noll, en plus des tirs de fusils incessants qui viennent de je ne sais où. Mais les personnes que j’entends se rapprocher d’ici ne sont pas des chasseurs. Ils parlent fort et crient, mais ce ne sont pas des bruits de rabatteurs.

Je vois bientôt arriver, en file indienne et en courant, une quarantaine de joggeurs qui montent vers moi pour aller s’arrêter un peu au-dessus, au sommet du Narion… en continuant à crier et à rire en se prenant en photo… Mais il repartent heureusement assez vite et le calme revient, exceptés les tirs, qui continuent. Ça va être bien d’avancer dans le brouillard, en dehors de tout sentier et entre les sapins…

  • Départ mouvementé

Avant que je termine de charger le sac, le brouillard de dissipe sous les rayons du soleil bienvenu.

Le Narion
Le Narion
Vue depuis le sommet du Narion
Vue depuis le sommet du Narion
Vue depuis le sommet du Narion
Vue depuis le sommet du Narion

Nous décollerons du Narion vers 10h30. La descente n’est pas facile car le sol est trempé et glissant et il faut trouver le passage entre les sapins pour arriver à rejoindre la piste qui va d’Altmatt au col du Narion. En plus, je dois garder Bella en laisse à cause des chasseurs. Ça  fait un moment qu’elle s’impatiente et elle tire donc un maximum, surtout qu’on entend des bruits d’animaux que l’on a dérangés et qui courent pas très loin de nous. Le départ n’est donc pas vraiment “soft”… ça met tout de suite dans l’ambiance.

Après plusieurs glissades plus ou moins contrôlées, on débouche enfin sur la piste. Ça devrait être moins terrible désormais. Ça devrait…

Mais Bella ne l’entend pas de cette oreille et elle va continuer à tirer comme une dingue en allant de droite et de gauche au gré des odeurs animales qui passent. Je n’arrive pas à la calmer durablement et c’est vraiment difficile d’avancer sur le sentier qui descend après Altmann. Les racines mouillées des sapins sont aussi glissantes que du verglas, et le semi-patinage que je suis obligé de pratiquer n’a vraiment rien d’artistique, surtout avec le sac bien lourd qui me déséquilibre encore plus.

  • Rencontre désagréable

Nous rejoignons la piste qui part vers le Donon pour la traverser et prendre celle qui part en direction du col du Rognol.

Le soleil nous accompagne et il fait bon pour marcher. Je décide de détacher Bella qui tire toujours autant, histoire de me “reposer” un peu. Un peu avant de rejoindre la route forestière de épilobes, une voiture arrive en face. Je rappelle Bella qui tarde un peu à revenir. Le véhicule s’arrête à ma hauteur et le conducteur baisse la vitre. c’est un chasseur et il me fait savoir que, normalement, je dois tenir mon chien en laisse. Quand je lui en demande la raison, il me répond que c’est pour qu’il ne dérange pas les animaux dans la forêt. Incroyable ! Parce qu’eux, qui sont en train de faire des battues avec des rabatteurs qui crient, des chiens qui aboient et des fusils qui tirent de partout, eux, ne dérangent pas les animaux. Mais je préfère me dispenser de répondre et, sans un autre regard, je reprends mon chemin même si je bous intérieurement. Déranger les animaux… on aura tout entendu…

Peu après le carrefour avec la route des épilobes, nous prenons, sur la droite, la piste qui va vers le col du Rognol. Bella cavale à droite et à gauche, mais en faisant attention à ne pas déranger les animaux…

Nous dépassons le col par la piste qui passe sous les pentes sud du Haut Rognol. Le soleil est toujours là mais les nuages réinvestissent le ciel et il fait un peu plus frais. À gauche, direction l’abri Fourmann où nous ferons une courte halte histoire de reposer le dos et les épaules.

Vers l'abri Fourmann
Vers l’abri Fourmann
Vers l'abri Fourmann
Vers l’abri Fourmann
Vers la Tête de la Gorge aux Sangliers
Vers la Tête de la Gorge aux Sangliers
  • La vallée du Canceley

Nous continuons sur la piste et passons au pied de la l’imposante Tête de la Gorge aux Sangliers avant de prendre le petit sentier discret qui part à droite en direction du rocher du Canceley que nous dépassons pour commencer la longue descente vers la rivière du Canceley où nous arriverons un peu avant 14 heures. On va faire une pause à l’emplacement de la maison forestière du Canceley, aujourd’hui détruite, pour manger un petit morceau avant d’attaquer la montée de l’autre versant de la vallée. On ira doucement car il faut réhabituer les muscles des jambes à monter, alors que nous n’avons quasiment que descendu depuis notre départ, ce matin.

vers l'ancienne MF du Canceley
vers l’ancienne MF du Canceley
Amanite tue-mouche
Amanite tue-mouche

Ça va bien, en prenant son temps, et nous arrivons bientôt sur la piste de la Belle Poule. Il faut maintenant aller vers le Parc aux Bœufs, et pour cela, on a le choix entre monter directement par la piste de la Belle Poule, ou alors monter encore plus haut et passer par le sommet de l’Eichelkopf avant de redescendre au Parc aux Bœufs. On va prendre au plus court et suivre la piste car il est déjà assez tard.

Je trouve la montée de cette piste toujours aussi désagréable mais elle permet quand même de gagner du temps. L’abri du Parc aux bœufs est enfin en vue. Un feu brûle encore, indiquant qu’un pique-nique a probablement eu lieu ce midi, mais à cette heure, il n’y a plus personne. Bella fouille aux alentours et déniche quelques restes qu’elle s’empresse d’avaler.

Parc aux Boeufs
le Parc aux Boeufs
  • Vers le Hohwalsch et descente à Enteneck

Un peu de descente maintenant pour rejoindre le col du Brechpunkt. Nous prendrons ensuite le joli sentier qui va à la Croix de Haspach. La luminosité diminue petit à petit et il reste encore un bout de chemin à faire pour retrouver le fourgon.

À la Croix de Haspach, on traverse la route pour s’engager sur le sentier balisé qui va au Hohwalsch. Il me semble long aujourd’hui ce tronçon du parcours, probablement parce la fatigue commence à se faire sentir et certainement parce qu’il me tarde d’arriver. Mais il faut éviter de se presser, on n’y gagne rien, bien au contraire.

Le Hohwalschplatz est en vue avec le rocher du Hohwalsch et sa falaise éclairée encore par le soleil, mais plus pour très longtemps. Il y a plus d’une dizaine de véhicules garés sur le parking; mais plusieurs s’en vont et l’endroit sera bientôt désert et retrouvera le calme nocturne.

Dernière montée, enfin. On va grimper au pied de la falaise pour rejoindre ensuite le haut du rocher, avant de continuer par un sentier qui contourne le Hohwalsch par la droite. En haut du rocher, Bella est toute énervée et tire de toutes ses forces. J’en comprends rapidement la raison : devant nous avancent plusieurs marcheurs accompagnés par 2 ânes qui se dandinent sans se presser. Ce sont Vanille et son fils qui viennent de Harreberg et qui se promènent souvent dans le coin.

Il faut s’arrêter et les laisser prendre de l’avance. Bella s’impatiente et veut rejoindre les ânes. Je sais qu’elle va tirer comme une brute pour les rattraper.

Après environ 10 mn, nous repartons et, effectivement, je “décolle” du sol. C’est incroyable la force qu’elle a, même après le nombre de kilomètres et le dénivelé que nous avons faits depuis hier et la nuit peu reposante. Et encore, elle a fait au moins le double de ce que j’ai fait, mais sans sac, c’est vrai.

Elle tirera jusqu’à la bifurcation qui part vers le cimetière gallo-romain. C’est ici que nous quittons, en effet, le chemin pris par les ânes qui sont certainement restés sur la piste. Nous dépassons le cimetière et peu après on attaque la descente finale, d’abord par un sentier étroit qui longe le pied des grands rochers du Fischbachberg, puis par un morceau de la route qui descend du Hohwalsch pour rejoindre Enteneck où nous arriverons peu avant la tombée du jour.

Au total, nous aurons fait 42 km et 1320m de dénivelé : 18.5 km pour 870 m de dénivelé positif le samedi et 23.5 km pour 450 m de dénivelé positif le dimanche.

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.