Gouffre de l’Avenir

9 spéléos lorrains à Savonnières en Perthois (55)


Descente au gouffre de l’Avenir à Savonnières-en-Perthois (55)

  • 9 spéléos lorrains au gouffre de l’Avenir

Sabine, de l’USAN, organisait, le 29 février, une sortie spéléo avec le spéléo-club d’Ottange, au gouffre de l’Avenir, à Savonnières-en-perthois, dans la Meuse.

Comme Agnès voulait essayer de descendre à nouveau sous terre (la dernière fois, c’était il y a environ 15ans…), l’occasion était là pour remettre le pied à l’étrier, enfin plutôt à la pédale, puisqu’il s’agit de spéléo…

Le rendez-vous était fixé à 9 heures, près du cimetière de Savonnières (il n’y a aucun lien à faire entre le cimetière et la spéléo…non mais alors…).

9 participants sont présents : 4 de l’USAN, 4 du Spéléo-club d’Ottange et Agnès.

Le temps est correct, mais comme il a beaucoup plu les jours précédents, il y aura très probablement beaucoup d’eau dans le gouffre, ce qui le rendra d’autant plus sympathique…

Tout le monde étant autonome dans l’utilisation du matériel, à part peut-être Maud, et Agnès qui n’a plus trop l’habitude (mais, c’est un peu comme le vélo…), il ne devrait pas y avoir trop d’attente en bas des puits, pour la remontée, surtout que les puits sont peu profonds, le plus haut faisant 12m. Donc, le froid risque d’être « acceptable » (de toute façon il sera « accepté », puisqu’il n’y a pas d’autre option disponible).

L’entrée dans les carrières se fait par le « Champ au vin », au nord du village. La plus pratique aurait été celle de la gare, mais elle n’est plus praticable depuis que cette partie des carrières est à nouveau utilisée pour un usage professionnel (je ne sais pas lequel…). Il faudra donc compter environ 20 minutes de marche d’approche, depuis l’entrée des carrières jusqu’à la cavité. Le cheminement n’est pas évident, mais grâce au plan des carrières, établi par feu Daniel Prévot, complété par un fléchage efficace et juste (ce qui n’est pas toujours le cas ici) nous trouvons facilement le départ du gouffre.

  • Beaucoup d’eau en perspective

Il est 10h20 quand les premiers entrent dans l’Avenir. En l’occurrence, c’est Sébastien, du spéléo-club d’Ottange qui va installer les cordes, suivi de Sabine. L’équipement est assez technique et prendra donc un peu de temps. Au début, l’eau n’est pas encore là, et l’attente est donc facilement supportable. C’est en bas du premier puits (équipé en 2 parties) que l’on retrouve l’eau qui sort avec force du petit méandre étroit appelé « la vis », à cause de sa forme (qui n’a toutefois pas grand-chose à voir avec une vis, si ce n’est qu’il tourne…). On fait (ou plutôt on faisait) passer les débutants par ce méandre. Si la descente se fait relativement facilement, malgré l’eau qui entre un peu partout puisqu’on est obligé d’avancer couché sur un côté…, la remontée est nettement plus désagréable car il faut faire une petite escalade pour pouvoir s’enfiler dans l’entrée du passage. Très vite, le corps fait bouchon et le niveau de l’eau monte assez rapidement. Il ne faut donc pas traîner si on ne veut pas que l’eau pénètre partout notamment par le col de la combinaison, ce qui est, vous l’imaginez aisément, très très désagréable, spécialement en hiver quand la température de l’eau est de quelques degrés à peine (peut-être 3 à 6° maxi).

Bien entendu, aujourd’hui on évite la « vis », en prenant la 2ème partie du puits, équipée d’une corde qui amène juste à la sortie de ce passage aquatique.

L’équipement du puits suivant prendra plus de temps. Celui-ci mouille bien et il faut mettre la corde de descente « hors crue » (c’est-à-dire en dehors du passage de l’eau). Il faut donc passer en opposition au-dessus du puits pour venir attraper la corde de descente. On est quand même bien éclaboussé en arrivant en bas, à cause d’un petit replat sur lequel l’eau rebondit. En allant vite on n’est pas trop mouillé, mais pour remonter, ça ne sera pas la même chose, bien sûr.

Petit ressaut de 3 mètres, à descendre dans l’eau. Même chose, la remontée sera bien plus humide car il faut prendre le même passage que l’eau. Pas de possibilité de s’en écarter.

Une longue vire montante amène au départ du puits suivant : le Grand Puits (avec des bémols car il ne fait que 12 mètres, mais c’est le plus haut, donc, le Grand Puits). Le départ se fait « plein vide » loin du passage de l’eau mais, plus on descend, plus on se rapproche de la cascade, qui va rebondir, à 3 m du bas, sur une margelle et envoyer de belles gerbes d’eau qui n’ont d’autre utilité que de copieusement arroser chaque pauvre bougre qui pointe le bout de son nez, ce qui ne va pas manquer d’arriver à chacun, plus ou moins selon sa vitesse d’esquive. Mais de toute façon, pour remonter, la technique pour esquiver est nettement moins évidente.

Peu après le bas du Grand Puits, une autre verticale de 8 mètres. L’arrivée en bas du puits est également bien arrosée ce qui sera bien « appréciable » au retour.

Il ne reste plus qu’à passer le méandre qui débouche sur un petit puits de quelques mètres, mais dont le départ est étroit et bien exposé au cours d’eau qui coule imperturbablement.

En bas de ce petit puits, on rejoint un autre cours d’eau (le ruisseau de la Grande Viaille) qui chute du haut d’un puits d’une trentaine de mètres en provoquant un courant d’air glacial, ce qui n’incite pas trop à traîner dans le coin.

Suite à quelques problèmes, je m’arrêterai avant le méandre et attendrai le retour des courageux qui ont été bien mouillés en remontant le dernier petit puits, et surtout en s’enfilant dans le méandre occupé par le ruisseau. Agnès a d’ailleurs eu quelques soucis à sortir du puits, lors de la remontée.

  • Retour bien arrosé

Le retour s’est fait tranquillement, en remerciant le ciel de nous avoir procuré un système à refroidissement liquide pour que l’on n’ait pas trop chaud lors de la remontée. Efficace, le système. Un peu trop même…

C’est Benoît qui s’est proposé pour remonter en dernier et déséquiper le gouffre.

Fabrice, le premier, est sorti de la cavité vers 14 heures, et le dernier un peu plus d’une demi-heure plus tard.

Avant de ressortir des carrières, il faut combler les estomacs dont certains hurlent à la mort. C’est plus agréable de manger ici au sec, plutôt qu’en bas (comme ça se fait, en général), au pied de la cascade de 30 mètres.

Le retour jusqu’à la sortie des carrières fût, comme à l’aller, sans problème. Le temps de la photo de groupe, faite par Sébastien, et retour aux voitures. A peine arrivés, ce sont des trombes d’eau qui s’abattent…. Vive le camping-car.

Un dernier rassemblement, « à l’abri » sous la portière relevée du coffre d’une voiture, pour profiter encore un peu de l’ambiance sympathique de cette sortie, placée sous le signe de l’eau.

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.

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