Fourchue eau – Rambiroche – Scierie Machet
Croix Bodin

Fourchue eau – Rambiroche – Scierie Machet

Saint Sauveur(54) – 7 juin 2020 * 24 km – Dénivelé positif : 400m m* Météo : 15° – Temps couvert puis ensoleillé /

. Randonnées du mois de juin : Nbre : 1 / 24 km / Dénivelé positif : 400 m
. Total année : Nbre : 25 / 462 km / Dénivelé positif : 11 990 m



  • Montée au col du Sapin de Marie-Louise, sous un ciel gris

Une petite heure de route pour aller jusqu’à Val-et-Châtillon, en Meurthe-et-Moselle, dans un secteur plutôt sauvage : la vallée du Val.

Peu après le sortie du village, on prend la route qui s’enfonce dans la vallée par la route forestière de Machet. On passe juste à côté de la maison forestière de la Gagère pour s’arrêter; un peu plus loin, sur le grand parking de la Fourchue Eau. Une seule voiture y est garée.

Le ciel est bien gris et des nuages menaçants avancent lourdement. La météo n’a pas prévu de pluie, mais ce n’est pas l’impression que ça donne à cette heure.

Bon, on verra bien…

Départ à 10h30 en commençant par une petite route goudronnée qui nous amènera au col du Sapin de Marie-Louise, à 466m d’altitude.

Le temps semble se maintenir, et la température est plutôt fraîche, environ 10°. C’est bien pour marcher, mais j’ai quand même mis une veste légère de randonnée, que j’enlèverai d’ailleurs en arrivant au col.

Peu avant d’y arriver, le soleil commence à percer, et l’atmosphère, chargée d’humidité suite aux pluies de la veille, devient moite et lourde. La densité de la végétation y est aussi pour quelque chose, mais c’est beau, et la forêt n’a pas encore été trop exploitée ici, mais pour combien de temps encore ?

Nous voici au col du Sapin de Marie-Louise où a été construit un abri en bois. Un petit coup d’œil à l’intérieur, pour voir l’aménagement. Table et bancs, mais ce n’est pas très accueillant. Ceci dit, en hiver ou lorsque le temps est mauvais, il doit être tout à fait appréciable, quand même.

  • Le Haut de Chaumont et la vallée de la Plaine

Il est 11h30 et il faut continuer notre chemin. La route a perdu son revêtement de macadam et on progresse sur une piste recouverte de gravier jusqu’au col de la Sablière. On contourne ensuite la Tête Vigneron pour aboutir au col du Haut Fromage, à 570m d’altitude. Ça monte doucement, mais ça monte quand même. Bien moins que la semaine dernière, en tout cas.

Maintenant, il faut trouver la suite . Un petite hésitation, et une erreur de direction, heureusement vite corrigée. Prochaine étape, le Haut de Chaumont où l’on rejoint les crêtes qui dominent la vallée de la Plaine, au-dessus de Vexaincourt.

Plus de piste, mais un chemin de terre et d’herbe bien verte. C’est mieux que la piste, mais peu après, le chemin a été élargi par des engins forestiers et on a plus le sentiment d’avancer sur un chantier que dans la forêt, qui est quand même bien verdoyante. C’est un peu dommage, mais malheureusement assez fréquent aujourd’hui.

Nous atteignons le Haut de Chaumont, à 655m d’altitude. C’est un moche parking de gravier absolument inintéressant et on s’empresse de continuer notre chemin. Nous sommes partis à 344m d’altitude et cela fait donc presque 300m de dénivelé, mais la pente n’étant pas très forte la plupart du temps, il n’y a pas de grandes difficultés jusqu’ici.

Nous descendons une piste, qui part du parking, sur une centaine de mètres avant de prendre un large chemin couvert d’herbe sur la droite. La carte indique qu’il va falloir monter jusqu’en haut d’une petite bute, avant de redescendre en continuant à longer la crête. Le sentier est balisé de croix bleues mais pas très bien tracé par endroits. En plus, des travaux forestiers masquent le passage, et des arbres déracinés obligent également à faire des détours.

Finalement on atteint le sommet rocailleux d’où on peut bien apercevoir la vallée de la Plaine.

On peut maintenant descendre facilement et le chemin est bien marqué jusqu’à la cote 643m, que l’on dépasse pour arriver sur une piste en partie recouverte d’herbe.

  • Rencontre houleuse à Rambiroche

Il faut trouver la direction du rocher de Rambiroche, mais il n’y a aucun panneau indicateur. Il va falloir quitter la piste et avancer en longeant le haut des falaises. Il n’y pas de sentier, mais la progression n’est pas difficile, hormis quelques arbres couchés à enjamber ou contourner.

On approche de la pointe que forme le rocher de Rambiroche et on entend qu’il y a du monde au point de vue. Il y a également au moins un chien, et il vaut donc mieux ne pas aller jusqu’au bout car Bella a une nette tendance à être un peu brute avec ses congénères.

Mais elle a vraiment envie d’aller rencontrer ce chien, et quand elle a ce genre d’idée dans la tête, difficile de l’en dissuader. Elle tire un maximum pour aller vers le bord de la falaise et ce n’est pas évident de continuer le chemin. Elle veut sans cesse rebrousser chemin. Les maîtresses de l’autre chien prenne le même chemin et arrivent derrière nous. Il vaut mieux les laisser passer. Le croisement est plutôt houleux d’un côté comme de l’autre, mais ça va, on peut maintenant continuer et aller jusqu’au croisement de la croix Baudin où nous allons laisser le sentier des crêtes pour emprunter une piste qui part vers le nord. Il va falloir trouver un passage pour rejoindre le départ du vallon du ruisseau de la Pile.

Au départ, il suffit de suivre la piste, mais après 500m, il faudra la quitter pour prendre un chemin qui passe au Grand Breheux pour rejoindre une route forestière en contrebas qui va nous permettre d’accéder au vallon. Le sentier est indiqué sur la carte IGN, mais certains chemins anciens et délaissés sont quelques fois impossibles à trouver.

La piste forestière part vers la gauche et c’est tout droit qu’il faut prendre. Pour le moment le chemin est bien large, mais plus loin…. ?

En attendant de voir, on va s’arrêter pour manger un morceau car il presque 14 heures. Une pierre sèche fera l’affaire pour s’asseoir et attaquer le sandwich. Bella n’a pas besoin de trouver de pierre pour cela, et elle dévore son casse-croûte de bon cœur. Pour boire, pas de souci, une belle mare profonde est juste en face pour lui permettre de se désaltérer et se rafraîchir en même temps.

  • A la recherche du vallon de la Pile

Une fois restaurés, nous pouvons repartir. Le chemin, toujours carrossable, mène à un mirador et un peu plus loin, débouche dans une petite clairière, évidemment prévue pour la chasse. Au bout de cette étendue d’herbe, parsemée de quelques mélèzes, plus de chemin évident…

Après un faux passage, et en cherchant un peu, un sentier caché par les branches basses des arbres descend dans la forêt et rejoint une piste herbeuse suivie d’un chemin de débardage en forte pente, très glissant, qui se « jette » sur la route recherchée.

Voilà, la suite sera plus simple et il suffit de gambader sur cette petit route bien sympathique qui traverse une jolie forêt. Bella explore divers vallons et monticules boisés avec un plaisir évident.

Après un peu moins de 2 kilomètres, la route s’arrête au niveau du vallon de la Pile. Pas de problème pour trouver la direction, il suffit de descendre. Pour l’instant, il n’y a pas d’eau, mais un peu plus bas, sur la gauche, la source de la Pile déverse un petit flot qui rejoint le vallon, maintenant actif. On va le suivre jusqu’en bas, à la Fourchue Eau. Entre temps, il va retrouver plusieurs autres cours d’eau, comme le ruisseau de la Basse Scie, ou encore le ruisseau de Vala. Il prendra alors le nom de ruisseau de Bousson avant de rejoindre le Val.

Mais, nous n’y sommes pas encore. La Pile reçoit à bâbord le Rupt des cuveliers et son débit augmente un peu. Ici deux chemins possibles, à droite ou à gauche du ruisseau. Pile ou face, c’est le cas de le dire. Et bien pile, bien sûr. Donc nous descendrons côté droit du ruisseau. Je ne sais pas si vous avez de la chance aux jeux, mais moi pas… et ça se confirme car au bout d’un moment le chemin se recouvre de plus en plus de petits sapins , de rejets, fougères, arbres tombés, ronces, et j’en passe. Il suffit de changer de chemin, me direz-vous. Mais croyez-vous que je n’y ai pas songé ? Vraiment ? Bien sûr que j’y ai pensé, mais le vallon est maintenant escarpé qu’il est impossible de descendre au fond et encore moins de remonter l’autre versant, d’autant que le chemin d’en face a pris de la hauteur et je n’arrive pas à voir où il est. Faire demi-tour me direz-vous. Oui, mais c’est contre ma philosophie. Donc, on s’obstine, encore et encore. Bella, de son côté se balade, en haut, en bas. Elle grimpe dans les sous-bois à tout à l’allure et redescend à fond pour se jeter littéralement  dans le vallon et aller se rafraîchir dans les petits bassins formés par les méandres du ruisseau, bordés de mousse bien verte et confortable. C’est rageant à voir pendant qu’on se débat comme de beaux diables au milieu de la végétation étouffante…

Ça finit quand même pas s’arranger, mais, dès que c’est possible, on va changer de bord et prendre l’autre chemin herbeux bien dégagé.

  • Propriété privée

À la confluence de la Pile et du ruisseau de la Basse Scie, nous devons traverser une propriété, plutôt bien située. 3 personnes sont dans un champ et on va essayer de passer discrètement. Mais, nous sommes repérés et l’une des personnes demande ce que l’on fait là. Je lui réponds que nous passons, simplement. Il nous fait remarquer que c’est une propriété privée, ce à quoi je lui fais savoir que nous le savions pas, et qu’il n’y avait rien d’indiqué par le chemin sur lequel nous sommes arrivés… évidemment…

Il nous dit que ce que ce n’est pas grave et nous continuons notre route. En sortant de la propriété, une énorme barrière métallique surmontée d’un panneau « circulation interdite » ne laisse aucun doute sur le côté privé de cette propriété. Probablement un domaine réservé à la chasse, comme il y en a beaucoup dans le secteur… ici, le temps des Seigneurs n’est pas encore révolu. Il y a quelques années, j’ai eu un accrochage avec un garde privé qui voulait nous empêcher de passer sous prétexte que nous effrayions les animaux en passant à travers bois. Mais les chasseurs qui tirent partout ne les effraient pas, eux, bien entendu… Avec ce genre d’argument, le ton est bien évidemment monté dans les tours…

Nous allons suivre le ruisseau de Bousson par une petite route. Un gros 4×4 nous dépasse lentement et le regard du conducteur en dit long sur ce qu’il pense de notre présence sur cette route…

  • Petit crochet par la scierie du Machet

Nous arrivons au parking de la Fourchue Haut vers 17 heures. Il est un peu tôt pour repartir de ce beau coin, alors nous allons remonter le cours Val jusqu’à la scierie du Machet, en prenant le sentier qui surplombe la route. Je ne l’avais jamais emprunté, pourtant il est très agréable et superbement aménagé par le club vosgien de Cirey-sur-Vezouze, apparemment très actif. Merci à eux.

Le chemin n’est pas très long jusqu’à la scierie et, après quelques photos, nous prenons le chemin du retour. Je voulais initialement prendre le sentier de l’autre côté du ruisseau mais aucune passerelle ne permet de traverser. Peut-être y avait-il une possibilité au hameau de Pot de Vin, mais je n’ai rien vu.

Alors, tant pis nous resterons sur la route, plutôt déserte de toute façon. Nous y avons seulement croisé une voiture dont les passagers nous ont gratifiés d’un superbe sourire. Bizarre comme les attitudes changent selon les routes. Mais c’est peut-être les véhicules qui provoquent des attitudes différentes. Allez savoir.

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.