Tour de la Sayotte

Abreschviller(57) – 31 mai 2020 * 25 km – Dénivelé positif : 750 m* Météo : 20° – Temps ensoleillé, ciel bleu /

. Randonnées du mois de mai : Nbre : 5 / 101 km / Dénivelé positif : 2870 m
. Total année : Nbre : 24 / 438 km / Dénivelé positif : 11 590 m



  • Soleil et ciel bleu pour une belle grande boucle

Aujourd’hui, dimanche 30 mai 2020, un grand tour est au menu : le tour de la Sayotte, qui va suivre les vallées de la Canceley et de Dunkelbach par les sommets. 25 km qui vont nous faire passer par la Place du Bon Dieu au pied du Grand Rommelstein, les crêtes de l’Eichelkopf, le Parc aux Bœufs, Hunurst, le col du Melkplatz, le Monacker, et enfin, point culminant de cette rando, le Grossmann avec ses 986 m d’altitude. Pour redescendre, nous passerons par Almatt, Grossmannstein, Fresstanne, le col du Rognol, l’abri Roger Fourmann. Nous passerons ensuite sous la Tête de la Gorge aux Sangliers, puis sous le masssif du Canceley, avant de rejoindre notre point de départ, aux 2 Rivières.

Le dénivelé devrait faire environ 750 m, quasiment en une seule longue montée, jusqu’au Grossmann.

Le départ met d’emblée dans l’ambiance. Un sentier à forte pente grimpe en direction du Rocher du Calice. Il est préférable d’y aller tranquillement. Il est à peine 9 heures et on devrait avoir le temps de boucler la boucle sans avoir à courir.

Donc, on profite du soleil qui s’insinue sous les arbres de la forêt. Il ne fait encore pas trop chaud mais ça devrait bientôt venir, même si la météo n’a pas prévu plus de 20° aujourd’hui. Les oiseaux s’en donnent à cœur joie, et c’est très agréable d’entendre leurs sifflements qui résonnent tout autour.

On arrive bientôt à la 1ère route forestière qu’il faut traverser pour reprendre la montée de plus belle jusqu’à la piste suivante. C’est ici que l’on quitte le sentier qui monte au rocher du Calice et ça va se calmer un peu maintenant. On va suivre la route forestière qui monte, en pente douce, jusqu’à la Place du Bon Dieu. Un peu avant d’y arriver, un panneau, placé sur un arbre, par l’ONF, dissuade d’emprunter le chemin qui monte au Grand Rommelstein, afin d’éviter de déranger les rapaces qui nichent dans les falaises. De toute façon, ce n’était pas notre intention de passer par là, donc on ne dérangera personne.

À partir de la Place du Bon Dieu, il faut prendre la piste, pas très agréable, qui monte vers le Glucksberg. Le début grimpe pas mal, mais petit à petit la pente diminue. Sur le bord de la route, de nombreuses digitales sont déjà bien ouvertes, et leurs clochettes couleur pourpre resplendissent sous la lumière vive du soleil.

Nous arrivons sur les crêtes de l’Eichelkopf, et la piste s’arrête d’un coup pour faire place à un sentier rectiligne bordé de fleurs et de hautes herbes. Par moments, on aperçoit entre les arbres, sur la droite, la Tête du Noll, et plus loin, le Grossmann. Il reste encore du chemin à parcourir jusque là-haut.

Nous arrivons au bout de l’Eichelkopf, à 628m d’altitude, après avoir pris 300m de dénivelé depuis les 2 Rivières. Nous allons maintenant descendre un peu pour rejoindre le col du Parc aux Bœufs. On croise quelques VVTistes avant de pouvoir s’engager sur le sentier escarpé.

  • Petite pause au Parc aux Boeufs

En bas, près de l’abri, plusieurs tentes sont plantées et 4 ou 5 voitures sont garées juste à côté. La nuit a dû être bien arrosée et, à part 2 personnes qui sont levées, les autres semblent bien dormir. Beaucoup de déchets sont disséminés dans le campement et aux alentours. Il faut espérer qu’ils « penseront » à tout nettoyer avant de partir…

Un petit arrêt sur des grumes pour se reposer et boire un coup avant de continuer le long chemin. 4 randonneurs pique-niqueurs s’engagent sur le même chemin, en direction du Melkplatz. Ils n’ont pas l’intention d’aller très loin et sont plutôt à la recherche d’un endroit confortable pour pique-niquer agréablement. Quelle bonne idée. Ça doit être bien ça, mais bon, ce n’est pas pour nous. Allez, on continue…

  • Le long chemin jusqu’au sommet

La montée reprend très vite, d’abord jusqu’à un petit col, puis plus dure, jusqu’à celui au pied de Hunerstkopf. Ouf, content d’y arriver. Il fait bien chaud et il faut penser à boire, sous peine d’attraper des crampes bien désagréables. Mais attention,  il faut bien gérer la boisson. J’ai une poche à eau qui doit contenir un peu plus d’un litre de boisson « énergétique » pour un apport de sels minéraux. j’ai également pris une gourde d’eau de 1 litre pour préparer une boisson chaude, mais je vais plutôt la garder pour Bella car il n’y a pas de ruisseaux, ni même de flaques d’eau dans lesquelles elle pourrait boire. C’est archi-sec !

On continue le sentier qui, cette fois, va descendre un peu. Pour éviter de descendre jusqu’à la piste de la Belle Poule, on peut prendre un « raccourci » qui fait « gagner » un peu de dénivelé. Au début, on progresse sur un ancien chemin de débardage, mais une fois qu’on arrive à un petit col, le chemin descend de l’autre côté, et nous devons avancer en continuant à monter, mais hors sentier, ce qui n’est pas toujours évident quand la végétation est abondante. Après quelques errements, voici le Melkplatz. Il faut prendre le chemin en face qui monte en direction du Monacker. Le début est un peu pentu, mais au arrive bientôt sur un faux-plat. On rejoint, un peu plus loin, le sentier qui vient du col de la Sayotte. Le chemin balisé est bien tracé, signe qu’il doit être assez souvent emprunté, mais nous allons bientôt le quitter pour grimper en direction du sommet du Monacker et rattraper ainsi la route des Russes. On va la suivre juste le temps de prendre le premier virage et on s’engage sur un chemin vaguement tracé qui part à droite. La montée reprend, progressivement, et nous suivons les contours du large vallon de Grossthal jusqu’à croiser un chemin de limite de coupe. C’est ici que nous allons monter pour rejoindre la crête, que nous suivrons ensuite jusqu’au sommet du Grossmann.

Elle est toujours aussi difficile cette montée. Peut-être parce que c’est la dernière. En tout cas j’y vais lentement car ce n’est pas la peine de s’épuiser. Je m’arrête plusieurs fois pour souffler un peu, ce qui n’est pas du goût de Bella qui veut absolument continuer à avancer (Ah ces jeunes..). Finalement on y arrive à ce sommet toujours aussi sauvage avec ses arbres et ces rochers impressionnants. Avec le soleil et le vert intense des myrtilliers qui recouvrent le plateau, le site est nettement plus accueillant que sous la pluie et le vent d’hiver. Même si on connaît bien un endroit, ce n’est jamais vraiment le même… Je rejoins tout à fait Marcel Proust lorsqu’il écrit :

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux.

  • Le Grossmann, un endroit particulier et toujours différent

Au mois de mars, je n’ai pas pu contrôler si la boîte destinée au Geocaching était toujours en place. La neige rendait la descente dans la faille trop glissante et dangereuse. Aujourd’hui, ça devrait aller. Je pose mon sac et entame la désescalade entre les parois rocheuses, jusqu’en bas. La boîte est bien là, cachée dans une fissure et bien abritée des intempéries. Je remonte donc, en escalade, jusqu’en haut.

Il est temps de manger un peu car tous ces efforts, depuis ce matin, ont consommé pas mal d’énergie, et il en faudra encore pour terminer les 12 kilomètres qu’il doit rester à parcourir, jusqu’aux 2 rivières.

Je m’installe au soleil car le vent est un peu frais. Bella préfère se mettre à l’ombre et elle se couche au milieu des myrtilliers. Je vois seulement sa tête qui dépasse, et elle attend son repas avec impatience. Je lui donne également l’eau qui était prévue pour le thé car elle est visiblement assoiffée.

  • Une longue descente de 12 km sous le soleil

Après ce repas et repos réparateurs, nous repartons du Grossmann pour descendre vers Altmatt. Il y a un peu de monde aujourd’hui. 2 personnes sont près du refuge et d’autres montent depuis Grossmannstein. Il faut dire que le temps se prête bien à la balade, et le confinement a engendré une frustration que l’on veut vite effacer en s’aérant en pleine nature.

Après Grossmannstein, direction Fresstanne que l’on va rejoindre grâce à un agréable chemin balisé qui descend tranquillement jusqu’à la route forestière qui vient d’Elsassblick pour aller vers le Donon. Il faut traverser cette piste pour aller sur la piste qui part juste en face du sentier que l’on vient de quitter. Il commence à faire un peu chaud car on avance en plein soleil, et le vent est tombé.

On va suivre la crête de Fresstanne par la piste qui se transformera en sentier juste avant la descente qui conduit au col du Rognol. En arrivant au col, juste en face s’élève le Haut Rognol qui domine tout le coin du haut de ses 760 m d’altitude.

On descend maintenant la route forestière du Haut Rognol sur un peu plus d’un kilomètre et, avant qu’elle ne commence à monter, on la laisse pour aller tout droit sur le chemin des Bornes. Le sentier est plus ombragé et c’est bien plus agréable.

Petite pause à l’ombre, près de l’abri Fourmann, où deux autres randonneurs se reposent également.

Le petit sentier se transforme maintenant en une piste caillouteuse plutôt désagréable. La fatigue commence à se faire sentir, mais heureusement, il n’y a plus qu’à descendre sur quelques kilomètres pour arriver aux 2 rivières.

Peu après l’abri Fourmann, on passe sous l’imposante Tête de la Gorge aux Sangliers qui fait penser à une forteresse  avec ses falaises abruptes en grès rose. La piste descend toujours et longe maintenant les pentes du Canceley.

Juste avant un grand virage à gauche, on prend une autre piste, tout aussi caillouteuse, qui part à droite. Nous sommes toujours sur le chemin des Bornes et la route va continuer sur 1,5 km jusqu’à un abri de chasse où elle se dilue pour disparaître peu à peu dans la végétation. En principe il aurait fallu prendre un sentier mal dessiné qui part à droite entre les arbres et les broussailles, mais, pour une fois, je continue tout droit, pour voir… le tracé d’un reste de chemin qui prolonge la piste s’enfile dans des sous-bois et on avance difficilement en se faufilant à travers une sapinière bien serrée. Heureusement, ce n’est pas très long, et on retrouve la route forestière par laquelle on aurait dû arriver en prenant le sentier près de l’abri de chasse.

La fin du parcours est bientôt là, et on longe la route départementale qui est en contrebas et descend du Donon.

Nous retrouvons enfin le croisement des 2 rivières, après avoir bouclé ce circuit de 25 km. Le sentier du départ et là, juste en face, qui grimpe dans la forêt… Allez, on refait un tour ?

Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.