Bivouac au Noll

26 et 27 octobre 2019

Randonnée de 2 jours et bivouac mouvementé

Cela fait plusieurs mois (8 ou 9 je crois) que j’ai dans l’idée d’aller faire un bivouac au sommet du Noll, un des plus hauts sommets du secteur de Sarrebourg (991m d’altitude, seulement…on n’est pas dans les Alpes quand même…). Comme le Grossmann, c’est un coin que j’aime bien : on a une belle vue panoramique et il y a beaucoup d’animaux qui passent par là.

Il fallait que je fasse cela avant que nous repassions à l’heure d’hiver, c’est-à-dire au plus tard le dernier week-end d’octobre. Et bien nous y sommes, et comme la météo ne prévoit pas de temps calamiteux, je me suis décidé pour ce week-end du 26 octobre.


Samedi, la montée

Le parcours est déjà prévu depuis longtemps : Je laisserai le Kyros au bord de la Zorn, au lieu-dit Enteneck, à 295m d’altitude.

Il est  8 heures et le jour est levé depuis peu. Je vais d’abord suivre la Zorn blanche sur quelques kilomètres, jusqu’à l’ancienne scierie de Koeppenmuhl. Le ciel n’est pas encore bleu mais on voit qu’il le deviendra bientôt. Çe devrait être une belle journée, enfin, au niveau de la météo.

Je pars doucement pour habituer mon dos au poids du sac qui pèse quand-même pas mal. Je devrai porter 19 kg si j’en crois la balance que j’ai utilisée avant de partir. C’est moins que pour la Bendola où le sac pesait 25 kg, mais c’est quand même beaucoup pour un « simple » bivouac et une randonnée sur 2 jours, même si elle devrait faire 43 km d’après les estimations à partir de la carte IGN.

L’ancienne scierie est en vue et je vais commencer la montée en prenant la route forestière de l’Altdorf. Le début n’est pas trop dur heureusement. Premier objectif : Schnokenlochmatt, avec sa belle petite mare bien appréciée des animaux (et donc des chasseurs…). Le chemin est long jusque là-bas mais pas trop difficile. Le soleil éclaire bien la forêt et fait éclater les couleurs de l’automne. Beaucoup de champignons au bord de la piste ; quelques cèpes mais surtout énormément d’amanites tue-mouches de toutes tailles. Sur la gauche, deux belles biches s’enfuient à mon passage. Elles détalent vers le fond de la vallée tellement vite que je n’ai pas le temps de sortir la caméra. Dommage !

Arrivé à Schnokenlochmatt, je quitte la piste pour longer la mare et grimper vers un sentier non balisé qui monte fortement jusqu’au Hengst, à 877m d’altitude. J’y arrive vers 12h30 et je fais un arrêt pour manger un peu et reposer mon dos qui se plaint du poids du sac. Une demi-heure plus tard, je prends la direction du col du Hoellenwasen par un chemin tranquille qui ne monte pas beaucoup. Une fois arrivé au col, je prends à droite le sentier qui se dirige vers Urstein. La pente est assez forte mais sur une courte distance, heureusement. Une fois en haut, je peux profiter de la vue sur la plaine d’Alsace qui s’étend à ma gauche. Un peu avant d’arriver au rocher d’Urstein, un sentier descend en longeant les pentes de l’Eichkopf pour rejoindre une piste forestière, puis un joli sentier qui va aboutir sur la route des Russes, environ 1 kilomètre avant Elsassblick. De là, je vais prendre la dernière grande montée jusqu’à Almatt en passant sous le sommet du Grossmann où j’avais fait un bivouac en juillet 2016.

Dur dur cette montée, et c’est avec soulagement que je fais une pause au refuge Almatt. Dernière montée enfin pour atteindre le sommet du Noll, objectif de la journée.

J’y arrive vers 15h30. Le temps est toujours au beau fixe ; un petit vent agréable et rafraichissant balaye les chaumes et glisse entre les magnifiques sapins qui ont résisté aux tempêtes de décembre 1999.


Le bivouac

Il faut maintenant trouver un bon coin pour installer le bivouac. Je vais quand même essayer de m’abriter du vent qui risque d’être moins agréable la nuit car on est quand même fin octobre.

Plus difficile qu’il n’y paraît de trouver un bon emplacement car le sol est assez chaotique, à cause notamment des souches d’arbre qui sont présentes un peu partout et des restes des arbres tombés en arrachant terre et roche tout autour. Je finis par trouver un endroit propice, abrité par des jeunes sapins touffus qui devraient faire rempart contre le vent. J’ai prévu simplement une bâche pour m’abriter et, bien entendu, le vent peut glisser facilement dessous pour venir me refroidir. J’ai pris un bon duvet qui permet de dormir par des -10°, mais autant éviter d’être trop exposé.

Je tends ma cordelette de bivouac entre deux sapins et je pose la bâche dessus avant de la fixer par 6 cordelettes et sardines. Je n’ai pas pris la bâche que j’utilise à la Bendola mais une autre plus épaisse, et plus lourde, que j’ai achetée il y a plusieurs années et que je n’avais jamais utilisée jusqu’à aujourd’hui. Elle a l’air résistante et c’est une bonne chose si le vent doit souffler plus fort.

Il fera nuit vers 19 heures, encore ce soir, et j’ai le temps de m’installer correctement. Vers 18 heures je prépare le repas à l’aide du réchaud à gaz. Le vent souffle plus fort maintenant et j’ai l’impression qu’il augmente de plus en plus. Peut-être se calmera-t-il quand il fera nuit…

Le repas (pâtes Bolino pas meilleures que celles de la Bendola…) est vite avalé. Je vais quand même faire un feu de bois. Pas difficile de trouver du bois mort ici, bien au contraire. Un peu avant la nuit je démarre le feu et je me rends compte que ce n’est pas forcément une bonne idée car le vent souffle fort maintenant, et de violentes rafales poussent les flammes vers les sapins avoisinants. Je vais donc laisser le feu s’arrêter de lui-même, et le mieux est d’aller me coucher car le vent est bien frais.

20 heures, je suis dans le duvet, bien au chaud. J’ai toutefois des doutes sur mes chances de fermer l’œil car les fortes rafales de vent secouent le dessus de la bâche et provoquent un fruit infernal. Espérons au moins que celle-ci ne va pas s’envoler.

Finalement j’ai presque regretté qu’elle ne soit pas emportée car je n’ai pas pu dormir une seconde à cause du bruit. A chaque fois que j’allais m’assoupir, une forte rafale secouait la bâche et me réveillait invariablement. C’est long une nuit comme cela. Très long, et énervant…

J’attendais avec impatience le lever du jour et quand celui-ci a commencé à poindre, je me suis endormi… ! Pour me réveiller en sursaut au bout d’une demi-heure à peine.

Le vent est toujours aussi fort et frais, et je dois me faire violence pour sortir du duvet bien confortable.


Dimanche, le retour

Je remballe le matériel de couchage puis je démonte la bâche. La couverture de survie posée au sol n’a pas survécu car un morceau de bois l’a transpercée complètement. Elle sera donc inutilisable car elle va se déchirer entièrement. Je prends quand même le temps de boire un café. Un seul car je suis obligé de rationner l’eau : au total j’avais 2 gourdes de 1 litre et la poche d’eau qui fait 1.5l et que j’ai utilisée complètement pour la montée d’hier. J’ai vidé presque une gourde complète pour le repas d’hier soir et pour me faire une thé. Après le café de ce matin, il me restera donc 1 litre et il faudra attendre d’arriver jusqu’à l’emplacement de l’ancienne maison forestière du Canceley pour pouvoir en reprendre, c’est-à-dire dans environ 11 km.

9 heures, je quitte le Noll pour redescendre jusqu’à Almatt puis à Grossmannstein. Le temps est nettement moins agréable qu’hier. Le ciel, qui était encore un peu dégagé quand je me suis levé, vire maintenant au gris tristounet et je vois à l’horizon des nuages menaçants qui avancent vers ici. Ça sent la pluie.

La journée d’hier ne m’a pas trop épuisé mais je ne peux pas dire que je suis vraiment en forme après la nuit blanche passée. Le dos a quand même un peu souffert mais après quelques kilomètres il semble avoir retrouvé un peu de souplesse. En fait, hier j’ai fait 20.5 km et 850m de dénivelé positif. Les calculs prévisionnels donnaient 19.5km pour 1100 m de dénivelé ! Ça fait quand même 250m de dénivelé en moins, mais je ne vais pas m’en plaindre. C’était bien suffisant.

Pour aujourd’hui le calcul donnait 23.5 km pour 740m de dénivelé. On verra ce que cela donnera au final, mais 740m, ça me paraît beaucoup. Je tablerais plus sur 400m au maximum, même si la montée depuis le fond de la vallée du Canceley est bien longue et pentue.

Je passe la pierre de Grossmannstein pour me diriger vers Fresstanne, où je traverse la route forestière qui va d’Elsassblick jusqu’au Donon, et rejoindre ensuite le chemin des Bornes. Direction le col du Rognol puis après, je passe sous la Tête de la Gorge aux Sangliers. Un peu après le croisement qui mène au Rond-point des Pommiers, je quitte la route forestière pour monter à droite en direction du rocher du Canceley. Le temps ne s’arrange pas et il ne va pas tarder à pleuvoir. Je laisse le sentier qui grimpe au rocher pour prendre celui qui descend tout au fond de la vallée du Canceley. Les bords du sentier sont couverts de champignons, essentiellement des cèpes et des tue-mouches. Il est midi quand j’arrive à l’emplacement de la maison forestière du Canceley. Arrêt repas avant de repartir sur le chemin qui grimpe le long de l’autre versant de la vallée. Il commence à pleuvoir un peu, mais heureusement ça ne durera pas, même si le ciel reste plutôt antipathique. La montée est dure mais je vais doucement car je sais que la deuxième partie, après avoir coupé la piste qui mène au Parc aux Bœufs, est encore plus raide. Content d’arriver enfin sur les crêtes de l’Eichelkopf qu’il faut longer jusqu’à la descente qui aboutit au Parc aux Bœufs. Il y a du monde qui pique-nique bien bruyamment. Ici, en général, on apprécie le calme, mais aujourd’hui…

Descente par la piste sablonneuse jusqu’au col du Brechpunkt et il faut prendre ensuite la route un petit moment pour reprendre un sentier au niveau de la croix de Haspach. Ce chemin descendant va permettre de rejoindre la route forestière qu’il faut suivre sur 7 à 8 km, jusqu’au croisement avec la petite route qui vient du Hohwalsch. Il reste à descendre cette route jusqu’en bas où le Kyros attend bien sagement depuis hier matin.

Le GPS indique que j’ai parcouru aujourd’hui 24,5 km pour un dénivelé positif de 400m et un peu plus de 1000m en négatif.

Au total, j’ai donc fait, depuis hier matin, 45 km pour 1250m de dénivelé. Belle rando, même si la nuit au Noll a été plutôt mauvaise.


Parcours aller le samedi

Parcours retour le dimanche


Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.

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