Haute vallée de la Zorn Jaune
Urstein

Haute vallée de la Zorn Jaune

Walscheid (57) – 5 janvier 2020 * 15,5 Km – Dénivelé positif : 540 m * Météo : 0 à 4° / couvert à dégagé


400 m de dénivelé pour commencer

Le ciel est gris à Petersmuehl, point de départ de cette randonnée dominicale, et la température ne dépasse pas 2 à 3°. Au carrefour des routes du col du Brechpunkt, d’ Enteneck et de celle montant à Elsassblick, une pancarte indique qu’une chasse est en cours, mais elle est tellement « bien » positionnée qu’il est impossible de savoir quelle zone est concernée…

Il est 13 heures quand le clac de fermeture automatique des portières retentit, constituant de clap du départ.

Pour commencer, il faut prendre le sentier qui monte jusqu’au Hengst. Un peu plus de 400 m de dénivelé, pour se réchauffer un peu. Heureusement, le chemin est agréable, au milieu de la forêt  de conifères imposants, qui teintent le paysage d’hiver de vert foncé. La pente est régulière, pas trop forte. Il suffit de trouver le bon rythme et  le conserver jusqu’en haut.

On traverse une première route forestière, puis une seconde, à 695 m d’altitude. Peu après, le sentier rejoint la route forestière du Langwand qu’il faudra emprunter jusqu’à ce qu’elle retrouve la route des Russes, tout près du Hengst. Ce passage sur la route forestière est nettement moins agréable que le petit sentier suivi auparavant.

On aperçoit, au loin, le sommet des arbres complètement givrés qui recouvrent Urstein culminant à 946 m.

Rencontre inattendue

Environ à mi-parcours de la route forestière du Langwand, j’entends des bruits sur ma droite, dans la forêt, et je vois, tout à coup, un jeune cerf accompagné de 5 biches gracieuses traverser la piste à une trentaine de mètres devant moi. Malheureusement, ils ne m’ont pas laissé le temps de sortir et mettre en route la caméra. Je devrai donc me contenter de cette vue bien trop furtive, fixée quelques instants sur la rétine de mes yeux émerveillés…

La montée continue, après cette rencontre autant agréable qu’inattendue. Des travaux forestiers récents ont embourbé la piste et des tas de branchages coupés envahissent les côtés du chemin.

À l’embranchement avec la route des Russes, on prend à droite pour passer près de la prairie du Hengst et emprunter le sentier bien tracé qui monte au Urstein.

Au fur et à mesure que l’on progresse, les sapins sont recouverts d’une fine couche de givre blanchâtre. Il suffirait d’un rayon de soleil pour illuminer la scène, mais le ciel reste invariablement gris et le brouillard enveloppe maintenant le sommet.

Rocher dans la brume

J’adore vraiment ce paysage d’hiver enveloppé de brume, avec le givre qui accentue le relief des rochers et de la végétation. Le vent fait doucement balancer le faîte des arbres et renforce l’ambiance étrange qui règne autour du rocher. Une petite maisonnette rouge, fixée à un arbre et abritant une statuette, apporte une touche colorée qui dénote dans le gris-vert ambiant.

Le sentier qui continue va permettre de redescendre pour passer sur l’autre versant du Urstein et rejoindre un large chemin forestier qui passe sous le sommet de l’ Eichkopf, pour aboutir sur la route des Russes, à nouveau. On va suivre cette route jusqu’à Elsassblick pour emprunter ensuite, pendant un moment la route forestière qui va vers l’ancienne maison forestière du Grossmann.

Un peu avant de rattraper la route des Russes, deux jeunes : un alsacien et une jeune fille russe (sur la route des Russes…) vont suivre le même chemin, jusqu’à Elsassblick d’où ils vont prendre le sentier qui redescend près de la cascade du Nideck.

Une descente sous le signe du soleil… et de la lune

Le ciel a la bonne idée de se débarrasser des nuages, et bientôt le soleil va venir teinter la forêt d’une belle luminosité jaune-orange qui contraste avec le gris qui a dominé jusque-là. On a l’impression de faire une autre randonnée, dans un autre environnement.

Après le croisement avec la route forestière du Monacker, un sentier non balisé conduit jusqu’au Melkplatz ou au col de la Sayotte. Même si ce chemin est un peu marécageux et glissant, il est plus agréable que la route forestière qui descend trop, pour remonter ensuite…

Le soleil couchant éclaire encore le Melkplatz, mais plus pour longtemps. Il « reste » à redescendre jusqu’à Petersmuehl, mais ça ne sera pas facile car certains passages sont très pentus et glissants à cause des feuilles mortes et de l’eau qui imbibe fortement le sol.

Bientôt il fait trop sombre malgré le premier quartier de lune bien lumineux, et c’est à la lampe frontale, une fois de plus, que se terminera cette promenade hivernale dans le pays de Walscheid, à la frontière avec l’ Alsace.


Marc Gapp

Pratique la spéléologie depuis l'âge de 14 ans. Passionné par la nature et l'aventure. Spécialiste du canyon de la Bendola descendu la première fois en 1989.